Taxis franciliens : Entre l’enclume et le marteau ?

Si les taxis parisiens n’ont plus assez de travail en raison du développement tous azimuts des VTC et d’une restriction des budgets due à une crise qui continue de peser sur l’économie, il suffit de déplacer le problème… « Étendons leur zone de prise en charge ! » a-t-on pu entendre lors des ateliers réunis par la mission de médiation taxis/VTC du député Thomas Thévenoud. Une proposition qui a révolté les taxis d’Île-de-France et pour cause ! Tout autant que leurs confères parisiens, ils ont dû investir dans leur entreprise et se charger, en outre, de développer une clientèle aux attentes différentes de celle de la capitale.
Ni rural, ni de capitale
« On a quitté la mine, ce n’est pas pour y revenir ! En Essonne, beaucoup d’entre nous ont commencé comme taxi parisien. Contrairement à la clientèle parisienne, nos clients ne sont pas du tout-venant mais beaucoup d’habitués, qu’ils soient entreprises ou particuliers. Nous avons certes une activité de station et de desserte de gare mais nous réalisons également des transports de malades ainsi que des transports d’enfants », rappelle Jacques, artisan taxi à Morangis depuis treize ans dont sept. Ancien intendant d’entreprise, Jacques s’est d’abord reconverti comme taxi parisien, ne tardant pas à devenir coopérateur. Circulation, anonymat, stress, il décide un jour de changer d’atmosphère et de s’installer dans l’Essonne. « Comparativement, je fais plus d’heures aujourd’hui mais j’ai gagné en confort de travail.»
Redoubler d’efforts
Dans le département existe une dizaine de centraux radio disposant de flottes de dix à quinze véhicules qui proposent leurs services aux Essonniens. Ils ne ménagent pas leurs efforts pour renforcer le lien de proximité avec leurs clients : communication et marketing pour les centraux, remise d’approche respectée par les chauffeurs auprès des clients qu’ils transportent. « Chaque artisan développe une clientèle avec laquelle il a le plus d’affinités », souligne Jacques. « Notre service, ce n’est pas de la livraison ! En Essonne, les villes se sont bâties en s’appuyant sur l’automobile et, avec le vieillissement de la population, de nombreuses personnes perdent leur autonomie de déplacement. Le maillage territorial de notre service joue un rôle essentiel sur ce territoire. »
Parasitages
Sans compter que, depuis peu, une concurrence déloyale se développe dans le département, notamment aux points d’activité comme la gare de Massy TGV où professionnels massicois, VTC, taxis parisiens et clandestins se « partagent » désormais le terrain…
« Les VTC se concentrent sur le démarchage des zones industrielles mais certains collègues parisiens s’autorisent des comportements qu’ils dénoncent sur leur propre territoire. Si les taxis ne respectent plus les zones de prise en charge, pas étonnant que les clients se plaignent de n’être plus servis ! » Mais les taxis de l’Essonne doivent également faire face à une autre forme de concurrence que connaissent bien les taxis ruraux : les groupes de transport. Ainsi l’un d’eux a capté les 176 contrats de transport scolaire que les taxis, jusqu’en 2010, étaient les seuls à effectuer. « En juin 2014 se dérouleront les prochains appels d’offres du Conseil général. Nous sommes convaincus d’avoir nos chances car, pour garantir une qualité de service équivalente à la nôtre, certaines tournées sont désormais facturées 12 €/km… Moi, j’ai acheté ma licence pour en vivre et non pour spéculer !»
HM

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