Ruraux, nous ne sommes pas ceux que vous croyez !

La prise en compte par Thomas Thévenoud de l’organisation du transport de malades par taxis a suspendu in extremis la manifestation nationale prévue pour dénoncer la politique de transport des CPAM dans de nombreux départements. Menaces de déconventionnement, réductions drastiques des prises en charge… près de 20 000 taxis sont menacés. Dans l’attente du rapport de la mission, entreprises et chauffeurs de taxi des campagnes subissent un fort ralentissement de leur activité. Sans être l’enjeu des VTC, ils se sentent aussi vulnérables que leurs collègues d’agglomérations. Salariée d’une entreprise de neuf autorisations à Verdun, dans la Meuse, Laëtitia témoigne témoigne de la contribution quotidienne des taxis des campagnes à la mobilité.

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Laëtitia, taxi à Verdun

L’esprit taxi
« J’adore rouler et rencontrer les gens ! », nous confie-t-elle. Cette Meusienne de pure souche s’est reconvertie dans le taxi il y a 6 ans pour échapper au chômage. Reçue au CCPCT en candidat libre, Laëtitia aime son métier. « L’appellation rural est souvent péjorative », déplore-t-elle. « Nous devons être d’excellents conducteurs car il s’agit d’assurer le service quelles que soient les conditions météo ou les amplitudes de travail. Nous accompagnons de nombreuses personnes hospitalisées à leur domicile en nous adaptant à chaque individu et chaque pathologie». Au quotidien, le coordinateur des courses en base dans les locaux de l’entreprise est essentiel. « La communication directe par téléphone portable nous permet d’avoir des informations précises pour prendre en charge nos passagers. Les patients sont mobiles mais généralement en état de fragilité. Sans qu’ils aient besoin d’une prise en charge médicalisée qu’apportent les ambulanciers, nous devons aller les aider à sortir de chez eux, les accompagner pour satisfaire aux formalités administratives hospitalière jusqu’à leur fauteuil de la salle d’attente où nous irons les rechercher ».
À chaque territoire son activité.
Laëtitia et ses collègues optimisent eux aussi les innovations des technologies de communication. Grâce au kit Bluetooth, ils peuvent échanger en restant disponibles à leur conduite et à leur clientèle. En outre, tous les véhicules sont géolocalisés par le coordinateur, la facturation est automatisée, les courses sont affectées en fonction des véhicules et des clients et les journées sont établies entre les exigences du transport des malades mais aussi en fonction des tournées d’accompagnement d’enfants scolarisés dans des classes spécialisées. Enfin, ils sont épargnés par les embouteillages. Et les courses de taxi classique ? De très rares demandes et la seule perspective de diversification de l’activité de son entreprise semble être le développement touristique dans le cadre des commémorations de la Première Guerre mondiale.
Un équilibre précaire
En Meuse, les quelque 200 autorisations de stationnement exploitées par des chauffeurs appartiennent à une cinquantaine d’entreprises. De nombreux artisans taxi collaborent avec des chauffeurs salariés. Dans l’entreprise de notre chauffeur, le salaire moyen est de 1 700 € net. Souhaite-t-elle posséder sa propre licence ? La réponse est claire : « Cela ne m’intéresse pas. C’est trop de contraintes. En étant salarié, j’ai revenu régulier, j’accumule des droits sociaux de retraite et d’assurance chômage ainsi que de la disponibilité pour ma famille. » Un équilibre rare en ces temps de crise… Depuis de nombreux mois, Laëtitia s’inquiète : « J’aimerais cesser de craindre de perdre mon travail entre deux lois ! ». Outre cette précarité, le premier trimestre 2014 enregistre un fort creux d’activité. «Nous espérons une reprise de l’activité dès la fin des vacances scolaires d’hiver», nous confie le patron de Laëtitia, «Mais, la non-prise en charge de nombreux transports de patients a déjà impacté une baisse non rattrapable. Ne pouvant payer les heures supplémentaires ni les RTT de leurs personnels, nos centres médicaux ont suspendu les soins de leurs patients, faute de moyens ». Le médiateur Thomas Thévenoud et Laëtitia n’auront sûrement pas l’occasion de se rencontrer mais si elle pouvait donner un conseil ce serait : «Venez nous voir et rencontrer nos patients avant de vous prononcer ! ».

HM

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