Entre la flambée persistante des prix des carburants, le manque de réponses concrètes des pouvoirs publics, les tensions autour du transport de malades, les décisions contestées sur les autorisations de stationnement et les efforts engagés pour lutter contre la concurrence illégale, les taxis font face à une accumulation de défis majeurs. Partout sur le territoire, les organisations professionnelles tirent la sonnette d’alarme et appellent à des mesures structurelles pour préserver la viabilité des entreprises et garantir un service de qualité aux usagers.
Carburant
Alors que les prix des carburants ne redescendent toujours pas, les taxis et leurs organisations professionnelles dénoncent un mépris du gouvernement pour le sort de leurs entreprises. S’ils sont réservés sur l’augmentation des tarifs préfectoraux qui pénaliseraient une clientèle dont le pouvoir d’achat diminue, leurs propositions de réévaluation des tarifs du transport conventionné, d’une récupération anticipée des taxes sur les carburants ou d’une baisse de la TVA sur le tarif de leurs courses n’ont reçu aucune réponse. Face à la création d’un « prêt flash » à un taux de 3,80 % sans garantie aux TPE et PME dont les dépenses de carburant représentent au minimum 5 % du chiffre d’affaires, les organisations professionnelles dénoncent une solution toxique. En effet, comme le report des charges sociales, cette facilité temporaire sans chiffre d’affaires supplémentaire risque d’entraîner une dette supplémentaire dont il faudra que les entreprises s’acquittent en plus de l’impact financier de la hausse du prix des carburants.
Transport de malades
Conformément au calendrier avancé par l’Assurance maladie, les groupes de travail composés de représentants de l’Uncam et des fédérations de taxi ont commencé ce mois d’avril leurs réunions sur la Charte nationale, les suppléments exceptionnels et la géolocalisation. Malgré les données objectives transmises par les organisations professionnelles sur les conséquences négatives de la nouvelle grille tarifaire sur la prise en charge des malades dans les départements, l’institution ne semble pas vouloir bouger son curseur. Alors que les difficultés des entreprises taxis sont accentuées par la crise pétrolière, aucune évolution n’est à attendre avant le comité de suivi programmé au début de l’été.
Nouvelles ADS à Lyon
Décidant de créer 55 autorisations de stationnement sur le territoire métropolitain, la métropole de Lyon avait provoqué la révolte des taxis lyonnais. Le syndicat Force Taxi 69 et l’association Collectif des taxis officiels de France ont, en urgence, saisi pour excès de pouvoir le tribunal administratif de Lyon en mars dernier. Ils dénoncent le « préjudice économique grave et immédiat aux exploitants de taxi actuellement en activité » ainsi que l’impact « sur la valeur économique des autorisations accordées avant 2014 » afin de faire annuler l’arrêté. Le 12 mars dernier, le tribunal a rejeté le recours pour défaut d’urgence considérant que les taxis requérants ne démontraient pas la réalité des « répercussions économiques défavorables ». « Il faut donc maintenant attendre le jugement au fond pour connaître la position du juge sur la légalité de la décision. La suite au prochain épisode. On en reparle dans 2 ans », commente Maître Serrano-Bentchich, avocate à la cour, spécialiste en droit public.
CDG : fin des clandos ?
Un nouvel arrêté préfectoral signé le 13 mars 2026 vise à mettre fin aux pratiques de concurrence déloyale à l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle. Instaurant un cadre juridique strict la nouvelle réglementation interdit toute sollicitation de passagers, présence injustifiée dans les zones sensibles et activité commerciale non autorisée. Appuyé par un dispositif de surveillance inédit incluant la formation des agents, une vidéoprotection active et une coordination accrue avec les forces de l’ordre, ce plan permet la détection et une intervention rapide contre les faux taxis et les racoleurs. Saluée par les organisations taxis parisiennes, cette avancée devra toutefois s’inscrire dans la durée, avec une mobilisation continue des autorités comme des chauffeurs afin de garantir une application effective et durable. Ce lundi 13 avril, une opération de contrôle a d’ores et déjà été déployée sur l’ensemble des terminaux. Sur les 66 véhicules contrôlés, 2 individus ont été interpellés pour exercice illégal d’activité, 5 amendes forfaitaires délictuelles et 5 contraventions ont été délivrées. « L’occupation simultanée de la quasi-totalité des terminaux par les forces de l’ordre a permis d’exercer une pression significative sur les activités illégales, dans une volonté de protéger à la fois les usagers et les professionnels respectueux de la réglementation », se félicite la préfecture de police.
HM
FFDT : une nouvelle équipe
Le samedi 28 mars 2026 s’est tenue à Ris-Orangis, dans les locaux du SATE 91, la première assemblée générale de la FFDT. À cette occasion, une assemblée générale extraordinaire a également été convoquée afin de faire suite à la démission de son président, Gilles Alonso, dont l’engagement et le dévouement ont été salués. Un nouveau bureau a été constitué. Il est composé de Johannes Ussel en qualité de président, Sergio Coutinho vice-président, Sabrina Maria secrétaire, Brigitte Schuk secrétaire adjointe, Mathieu Marano trésorier, Émilien Marcos trésorier adjoint et Sébastien Lagaüzère conseiller technique. Entamant une nouvelle étape de son développement, la FFDT a réaffirmé sa volonté de poursuivre ses actions au service de la profession.









