Edito : Démocratie, quand tu nous tiens !

Ils étaient là, le 8 septembre, parce qu’ils sont taxis et que la réglementation à laquelle leur activité doit obéir est bafouée depuis une décennie. Alors que les prix des carburants grèvent leurs entreprises, malgré une journée de travail perdue, ils sont venus de France, d’Espagne, du Portugal, d’Italie, de Suisse et même de Grèce pour interpeller la Commission européenne. Révélé par l’enquête du Consortium international des journalistes d’investigation, le scandale des Uber Files ne leur a rien appris que ce qu’ils savaient déjà sur le lobbying déployé par Uber. Le travail des journalistes a néanmoins apporté à l’opinion publique les preuves de ce que dénoncent en toutes les langues les taxis à travers le monde.
Présentée comme une nouvelle révolution industrielle, l’ubérisation gangrène aujourd’hui les fondements de nos sociétés. Sous couvert de vulgariser une innovation technologique et commerciale, elle détricote le droit du travail comme celui de la concurrence, siphonne le pacte de la solidarité sociale et fiscale, paupérise les économies de proximité et corrompt l’équilibre entre les pouvoirs législatif, judiciaire et politique.
Diligentant une procédure de longue haleine contre la multinationale, les taxis bruxellois ont été entendus par la Cour constitutionnelle de Belgique, mais le pouvoir politique a rapidement emprunté des chemins de traverse pour que la multinationale s’exempte de sa responsabilité… Pourtant réputée pour son légalisme, la Suisse n’est pas épargnée : malgré une interdiction d’exercer datant de juin dernier tant qu’elle ne considérerait pas ses chauffeurs comme des salariés, la multinationale bénéficie aujourd’hui de dérogation politique. Faut-il à nouveau évoquer la loi votée par les parlementaires français dont les décrets d’application ont traîné en longueur ou sont restés lettre morte ?
« Notre combat est un combat politique », avait claironné le fondateur d’Uber lors de ses premières offensives et la provocation reste dans l’ADN de la multinationale. Pour preuve, l’actuel PDG se réjouit de la détresse de ceux qui se laisseront ubériser pour tenter de payer leurs factures en cramant du carburant. Y’a bon le business de la pauvreté !

Hélène Manceron

@100pour100newstaxis

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