Taxi, un métier à conquérir

Historiquement très masculin, le secteur professionnel des transports connaît encore une part assez faible de femmes. Le taxi fait-il exception ? Alors que la profession recrute et que les acteurs du secteur s’attachent à soutenir une féminisation du métier, quels freins rencontrent les candidates à la profession ? À la veille de la journée internationale pour les droits des femmes, le 8 mars prochain, nous avons saisi l’opportunité pour un point de situation.
Une féminisation encore marginale
Les chiffres communiqués par le Bureau des taxis de la préfecture de police de Paris sont sans appel : « La profession de taxis parisiens est très peu féminisée. Sur les 42 570 taxis parisiens, on dénombre 1622 femmes, soit 3,8 % des professionnels », déclare Sélim Uckun, chef du Bureau. « Nous le voyons également dans les récentes promotions de lauréats à l’examen de taxis parisiens. En effet, sur les 2342 demandes de cartes professionnelles de taxis parisiens en 2021, 118 (5 %) ont été formulées par des femmes », complète-t-il. « Nous ne constatons pas de mouvements de fond d’une féminisation de la profession », partage Laurent Guiral, directeur du Réseau G7. « Nous recensons 267 femmes chauffeurs affiliées aux différentes flottes G7, soit l’équivalent de 3 % de notre réseau », précise-t-il. « La féminisation du métier de taxi est un de nos points d’attention car la part de nos clientes locataires-gérantes stagne aujourd’hui à 10 % », corrobore David Piercy, responsable du service clientèle Slota. Hors taxi parisien, les chiffres sont biaisés par le travail dans l’entreprise familiale de taxi de nombreuses femmes comme conjoint-collaboratrice. « Environ 40 % des conjoints de chefs d’entreprise artisanale participent à la vie de l’entreprise », déclare le site dédié femmesdelartisanat.com.

« Sur les 42 570 taxis parisiens, on dénombre 1622 femmes, soit 3,8 % des professionnels », constate la préfecture de police de Paris.

Métier pour tous
« Le métier, il est pour celui qui l’aime ! Quels que soient ton histoire, ta culture, tes études ou ton genre, le taxi permet aux êtres courageux de rebondir ! », déclare Omar, taxi du 62. « Dans le taxi, nous sommes tous pareils : même réglementation et mêmes tarifs », renchérit Nadia, taxi parisien. « Comme pour leurs homologues masculins, ce métier répond au besoin d’indépendance des personnalités », confie David Piercy. « Chaque profil de chauffeur correspond à une vraie spécificité de besoin. Nos clientes ne travaillent pas sous les mêmes contraintes ni avec les mêmes objectifs que leurs collègues. L’égalité est là mais l’approche est différente », précise-t-il. En effet, si la réglementation et le confort de conduite des véhicules gomment toute différenciation dans les aptitudes des chauffeurs, chaque chef(fe) d’entreprise a sa personnalité. « Dans l’ensemble, les femmes chauffeurs avec lesquelles nous travaillons sont contentes d’exercer un métier qui correspond à leurs attentes. Il y a différents profils de femmes taxi. Nous allons lancer une campagne de recensement afin de perfectionner notre accompagnement et susciter des vocations », partage Laurent Guiral.

Symbole des femmes dans le taxi, le célèbre Taxi rose de Monique !

Des préjugés à déconstruire
« Je ne suis pas une chauffeuse ! », rappelle Monique – surnommée Taxi rose pour la couleur de son véhicule – à quiconque aurait l’idée de la prendre pour un « siège bas et confortable » ainsi que le définit le Larousse ! La féminisation des noms de métiers n’est pas toujours aussi facile qu’on peut le croire… Reste que l’image du taxi serait néanmoins déterminante pour son développement. « Aujourd’hui, dans les métiers à l’origine pénibles donc presque uniquement occupés par des hommes, il y a de la place pour les femmes même si elles sont les premières à penser d’office que ça n’est pas pour elles, parce que les a priori sont coriaces et que la société a construit cette image testostéronée des transporteurs et des logisticiens », explique l’organisation professionnelle Femmes en Mouvement. « Les femmes ne cherchent pas à devenir des hommes en devenant taxi. Elles cherchent un travail pour gagner leur vie et celle de leur famille et sont souvent plus efficaces et rapides à se constituer une clientèle », témoigne David Piercy. « Le genre du chauffeur n’est pas un attribut de notre flotte car l’ensemble de nos partenaires taxis sont des professionnels. Lorsque nous travaillons sur la sécurité comme sur le sexisme, c’est face à l’évolution des mœurs et des modes de consommation. » « Qu’ils soient hommes ou femmes, le métier offre aux chauffeurs la liberté de pouvoir concilier leurs exigences », souligne Laurent Guiral. Avis aux candidates !
HM

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