« La relance du taxi repose sur la reprise économique de la société » – Didier Hogrel, président FNDT

La rentrée de cet automne 2021 se fera à nouveau sous la contrainte de la pandémie. Comment les taxis s’adaptent-ils à cette sortie de crise qui n’en finit pas ? Comment pourront-ils s’insérer dans l’élan de relance annoncé ? Didier Hogrel, président de la Fédération nationale du taxi – FNDT, répond à nos questions.

Didier Hogrel, membre fondateur et président de la FNDT depuis 2011.

Comment les taxis ont-ils résisté à cet été sous pandémie ?

Didier Hogrel : Si la dynamique de relance ne prend pas dans la société, nous aurons beau mettre des machines à café dans nos voitures, notre activité ne redémarrera pas ! Certes, en région, certains chauffeurs ont dû sacrifier leurs vacances car la demande de transports sous contrats (assistance, TAP) était forte dans tel ou tel lieu touristique, mais les grandes métropoles restent au point mort. Le marasme est plus fort en zone urbaine que rurale. L’absence de touristes internationaux et la paralysie des aéroports sont une catastrophe pour certains collègues, qu’ils soient taxis d’Orly, CDG, Nice ou Marseille. La carence d’activité rompt le bon équilibre de la cohabitation entre zones de prise en charge et fait augmenter la tension dans les territoires. La reprise économique n’est pas au rendez-vous, pourtant les aides ont diminué ou se sont arrêtées et il va falloir maintenant payer l’addition. Tous les métiers de l’artisanat sont logés à la même enseigne : les charges sociales n’ont pas été annulées mais simplement reportées, alors qu’un allègement des charges sur la partie maladie des cotisations soutiendrait les entreprises artisanales sans impacter l’avenir des chefs d’entreprise qui continueraient à assumer le volet retraite de leur contribution.

En quoi la transition énergétique et la digitalisation de la consommation sont-elles des défis pour la profession ?

Didier Hogrel : Nous sommes très impliqués dans l’adaptation de notre outil de travail aux nécessités de transition énergétique. Le problème, c’est que l’offre des constructeurs ne propose pas encore de grands véhicules « propres » disposant d’une autonomie suffisante pour notre service de transport à la demande. Face à la pression de satisfaire à la transition énergétique, le taxi n’a ni les moyens de renouveler son véhicule, ni celui de patienter ! La digitalisation de notre offre de service est également un enjeu fort pour l’avenir de notre métier. G7, par exemple, dispose d’une notoriété efficace auprès de la clientèle et d’un maillage conséquent. Je reste persuadé que s’il y avait une application unique en France pour les taxis, Uber disparaîtrait. Le registre des disponibilités le.Taxi est en pleine finalisation, mais son fonctionnement apparaît comme une véritable usine à gaz. La déception des futurs utilisateurs risque de faire une mauvaise publicité à notre service. Les taxis doivent prendre conscience de la nécessité de proposer une interface unique. Il faut changer d’état d’esprit et mutualiser nos moyens. Jusqu’à présent l’individualisme de notre profession a mis en échec toute tentative de mutualisation. C’est un péché capital à l’heure de la consommation digitale.

Quelles perspectives s’ouvrent à la profession ?

Didier Hogrel : L’avenir reste incertain car l’activité taxi dépend très fortement de celle de la société et les effets de la relance ne sont pas immédiats. Nous devons sans cesse travailler à améliorer notre qualité de service afin de conserver la fidélité de notre clientèle. Si la crise économique et le rétrécissement du marché ont eu pour effet d’écrémer la concurrence, comme en témoigne la légère diminution de la flotte des VTC, le favoritisme dont bénéficient leurs plateformes reste intolérable ! Nous sommes toujours dans l’attente de l’article 2 de la loi Grandguillaume qui devait être publié avant le 30 juin dernier, tandis que de nouveaux textes pro-VTC sont parus depuis… Le gouvernement n’a, une nouvelle fois, pas tenu ses promesses.

Je ne peux qu’inviter les taxis à mutualiser leurs forces dans l’intérêt collectif. La représentativité de notre profession est déterminante et a des conséquences pratiques sur l’exploitation de nos entreprises, telle la rédaction de la convention collective qui régit les relations salariales dans nos PME ou le budget alloué au remboursement des formations qui a été sous-estimé à cause de mauvaises données de référence. Cette représentativité permet une réelle adéquation des décisions aux préoccupations des chauffeurs, patrons de PME ou individuels.

Aujourd’hui, notre beau métier bénéficie d’une meilleure visibilité et regagne les faveurs de l’opinion publique. Malgré la crise, notre profession reste génératrice d’emplois et d’innovations. M’apprêtant à transmettre le flambeau de la présidence de notre Fédération, je remercie tous les adhérents et les présidents de syndicats de la FNDT pour leur confiance. Je souhaite à notre Fédération de poursuivre sa progression avec détermination, sincérité et intégrité au bénéfice de l’intérêt général. Je resterai attentif à l’évolution de notre métier tout en conservant l’amertume de l’autisme de nos institutions. Je souhaite une bonne continuation à tous les collègues avec lesquels j’ai travaillé et que j’ai rencontrés.

Bonne chance à la relève et bonne rentrée à tous !

Propos recueillis par Hm

www.fndt.fr

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