Taxis/T3P : En attendant que ça redémarre

Si l’affluence exceptionnelle de ce pont de l’Ascension a pu redonner espoir à des chauffeurs privés de clientèle depuis plusieurs mois, bon nombre ne peuvent toujours pas se passer des aides de l’État pour maintenir leur entreprise à flot. Alors que la réouverture des terrasses symbolise la reprise des activités de loisirs, un collectif de taxis menace de manifester la colère de la profession contre la non-application de l’article permettant le contrôle des plateformes de transport. Tentant d’apaiser les tensions, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a répondu aux fédérations sur l’évolution de la mise en œuvre des dispositions. Dans les territoires, les taxis sont mobilisés pour défendre leur service au public et leur savoir-faire.

Relance en préparation
Tandis que le secteur s’impatiente de la reprise des mobilités, la G7 a commencé son bilan de la pandémie : plus de 330 000 transports de soignants mobilisés face à la Covid-19 réalisés par les chauffeurs affiliés à la marque vers les centres hospitaliers en 2020, 20 millions d’euros consacrés sous forme de remises exceptionnelles sur les redevances d’affiliation et sur les charges de location des véhicules pour aider ses partenaires chauffeurs. « Un an après le début de la pandémie et grâce au soutien de l’État, 95 % des chauffeurs affiliés avant la crise sanitaire sont toujours en activité », estime ce leader du secteur. Dépendants du versement du fonds de solidarité, nombreux sont les chauffeurs qui solliciteront le soutien financier de l’État dont le formulaire pour le mois d’avril a été mis en ligne sur le site impots.gouv.fr et sera disponible jusqu’au 30 juin 2021.

Un an après le début de la pandémie et grâce au soutien de l’État, G7 estime que 95 % des chauffeurs affiliés avant la crise sanitaire sont toujours en activité.

Article 2 en ébullition
Un collectif de taxis a annoncé une mobilisation le 20 mai prochain afin d’obtenir l’application de l’article 2 de la loi Grandguillaume. Soutenu par plusieurs responsables politiques, tels Laurent Grandguillaume lui-même et Jean-Luc Mélenchon, le mouvement dénonce une mauvaise volonté politique à réguler le T3P. Pour apaiser la situation, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a rédigé un courrier assurant que « la mise en œuvre effective de ces dispositions est une priorité que je partage. Le décret n° 2019-866 du 21 août 2019, pris en application de cet article 2, a fixé les modalités selon lesquelles les informations relatives à l’activité des professionnels du secteur du transport public particulier de personnes sont recueillies par les services de l’État, d’une part, à des fins de contrôle et, d’autre part, à des fins statistiques. […] Des arrêtés doivent préciser la nature, l’antériorité, la périodicité et la durée de conservation des données demandées dans ce cadre. S’agissant d’arrêtés portant sur des données personnelles, l’avis de la CNIL est également requis sur les projets de textes. […] L’objectif fixé est une publication des arrêtés au cours du deuxième trimestre 2021. »

L’affluence exceptionnelle de ce pont de l’Ascension a redonné espoir à des chauffeurs privés de clientèle touristique depuis plusieurs mois,

Batailles de terrain
Dans les territoires, les taxis et leurs organisations professionnelles restent sur le qui-vive. La FNDT et la FFTP ont été reçues par les services du ministre délégué aux petites et moyennes entreprises afin d’exposer notamment les entraves qu’imposent les autorités genevoises et monégasques aux taxis de France. Un prochain rendez-vous devrait être organisé afin d’exposer les solutions mises en place. À Montpellier, les taxis et les ambulanciers ont obtenu « des corridors sanitaires » leur permettant d’utiliser les voies récemment sanctuarisées pour la circulation des bus et des vélos afin de rejoindre, pour le transport de malades, les principaux centres de santé. À Paris, l’association Les Nouveaux Taxis Parisiens – LNTP a porté plainte pour atteinte à l’image et à la probité de la profession lors du racolage suivi du vol d’un touriste hongkongais à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, le 1er janvier dernier, et a obtenu gain de cause. Même si la victoire reste symbolique, l’association a réaffirmé son intransigeance face à « toute dégradation de l’image que certains voyous causent au quotidien » et n’hésitera pas à se porter à nouveau partie civile.

HM

Plus d’infos :
Fonds de solidarité – Décret n° 2021-553 du 5 mai 2021 – Accéder à Légifrance
Impôts.gouv.fr – Accéder au site

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