le.Taxi, nouvel attribut en construction

Initié par la loi Thévenoud du 1er octobre 2014, le registre numérique des disponibilités taxi, dénommé le.Taxi, poursuit sa gestation. Si la volonté est de favoriser la rencontre entre l’offre et la demande de taxi, le projet nourrit un débat animé. Depuis la loi d’orientation des mobilités de 2019, son utilisation et l’acceptation des courses sont devenues obligatoires. À quoi les chauffeurs doivent-ils s’attendre ? Alors que les échanges se poursuivent entre l’administration et les organisations professionnelles sur la rédaction du décret d’application, tour d’horizon des évolutions du projet et des arguments avancés.

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Service public de maraude électronique
Développé par beta.gouv.fr, promoteur de services numériques pour les administrations publiques, le.Taxi est un projet réalisé pour le compte de la direction générale des Infrastructures, des Transports et de la Mer (DGITM) du ministère des Transports. Dans une volonté de « faciliter l’accès des clients aux taxis grâce à la mise à disposition d’un registre national de géolocalisation et de disponibilité des taxis », le service se concrétisera par la mise en place d’une plateforme technique d’information. « C’est une vision de la maraude électronique », expli-que Olivier Maffre, responsable des partenaires chez beta.gouv.fr. « Face à la fragmentation des réseaux de taxis dans l’Hexagone, le.Taxi permettra de valoriser la force du collectif auprès de leurs clients comme des MaaS*. le.Taxi est une API, autrement dit une passerelle de données entre les applicatifs chauffeurs et clients. Le dispositif concerne uniquement les demandes immédiates et à proximité. Il n’y a pas d’approche rémunérée. Le rayon de visibilité ne dépassera pas quelques centaines de mètres, ce point faisant partie des éléments en discussion dans le cadre de la concertation avec les professionnels. Ce n’est pas une concurrence à l’existant mais un complément d’activité pour les taxis. »

Pro & anti
C’est peu de dire que le projet fait débat dans la profession : « C’est une nouvelle source de courses ! » se félicitent les uns ; « Cela va casser le travail réalisé avec les collègues pour valoriser nos groupements radio ! » désespèrent les autres ; « Si je ne suis plus maître de mon emploi du temps, je demande ma requalification en tant que salarié ! » menace un troisième… La concertation engagée avec les organisations professionnelles par la DGITM s’avère donc déterminante. « L’obligation est d’être connecté pendant la durée du service mais notre objectif n’est pas d’imposer des horaires à des indépendants. Le taxi sera disponible dans l’outil le.Taxi lorsque son lumineux sera au vert sur la voie publique et le chauffeur pourra se déconnecter manuellement lorsqu’il sera en charge ainsi que refuser une course si elle est incompatible avec son planning », précise Héloïse Georgeault, chargée de mission DGITM. Pour ce qui est du respect des zones de prise en charge, « nous avons entrepris de les cartographier sur la base des arrêtés préfectoraux afin de définir les droits de connexion des chauffeurs en fonction de leur ADS », ajoute-t-elle.

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Du pain sur la planche
Et pas qu’un peu… Entreprendre la cartographie des zones de prise en charge dans l’Hexagone afin de garantir la réglementation taxi est un travail titanesque et la majorité des zones reste à répertorier dans la carte d’ores et déjà disponible en « open source » sur le site data.gouv.fr. De même, pour le nécessaire recensement des ADS sur l’ensemble du territoire, la constitution d’un fichier centralisé permettant un contrôle à l’inscription et dans le temps reste une brique – informatique ! – essentielle à ajouter à l’édifice, au risque de voir la bonne idée se transformer en passoire à fraude. En cas de problème, clients comme chauffeurs pourront certes signaler à leurs interfaces respectives les indélicats. Mais, contrairement à la maraude physique, c’est seulement a posteriori que le ménage pourra être fait ! Enfin, ce nouvel attribut du taxi – pourtant créé au bénéfice de la profession – devrait toutefois s’accompagner d’une sanction administrative afin de faire respecter l’obligation de connexion, sanction dont les modalités seront à l’ordre du jour des prochaines réunions de concertation avec la profession ainsi qu’avec le ministère de l’Intérieur pour la verbalisation. Si les garanties apportées pour la confidentialité des données concurrentielles ainsi que les conditions d’agrément des opérateurs chauffeurs comme clients reposent sur la bonne volonté et l’éthique des responsables actuels de l’administration du registre, l’aboutissement de le.Taxi dépendra de la volonté politique qui lui sera insufflée dans le temps, en termes de moyens et d’objectifs, sans que la profession puisse sélectionner à qui elle ouvre la porte.

HM

*MaaS : Mobility as a Service, service numérique permettant aux utilisateurs plusieurs types de transports.

Plus d’info : Accéder au site le.Taxi

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