« En attendant de pouvoir vivre de notre travail » – F. Cavallera, FFTP

Crise sanitaire, effondrement du tourisme, concurrence déloyale et tension transfrontalière pèsent sur les taxis de Provence-Alpes-Côte d’Azur. De Nice, Fabrice Cavallera, président de la Fédération française des taxis de province, partage un état des lieux de la situation et réaffirme les objectifs de la FFTP pour la profession.

Fabrice Cavallera, Fédération Française des Taxis de Province – FFTP

Comment les taxis résistent-ils à la crise ?
À Nice, pour faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire et l’effondrement du tourisme, les taxis ont dû diversifier leur offre de transport. Un grand nombre a dû solliciter le conventionnement auprès de la caisse primaire d’assurance maladie. C’est une demande compliquée à remplir, mais ce segment d’activité est essentiel pour de nombreuses entreprises de taxi. Néanmoins, il ne faut pas s’y tromper, le transport médicalisé ne fait pas tout. Sans les aides, nous ne pourrions pas survivre. Auparavant, les creux d’activité saisonniers étaient amortis par un flux touristique quasi permanent. Actuellement, il n’y a plus de travail en station. Pour exemple, à Nice, nous faisions une moyenne de 5 rotations par jour pour l’aéroport ; aujourd’hui, c’est tout juste une ! Nous sommes comme les restaurateurs, nous n’attendons qu’une seule chose : pouvoir vivre de notre travail !
Quelles priorités défendez-vous ?
Nous avons pour objectif la mise en application de l’article 2 de la loi Grandguillaume qui nous fait défaut depuis tant d’années. Le 26 janvier dernier, nous avons organisé une manifestation symbolique. Venant des Alpes-Maritimes et du Var en soutien des collègues marseillais menacés par un projet de mise en place d’une zone de charge et de dépose à la gare Saint-Charles, nous avons commémoré notre mobilisation de 2016 et réaffirmé notre vigilance face aux pouvoirs publics. Les taxis sont fatigués des agissements des VTC et de l’agressivité permanente qui règne dans la jungle du T3P. Malgré tout, nous privilégions le dialogue, comme dans le désaccord qui nous oppose à la Principauté de Monaco. Pour venir chercher nos clients sur le sol monégasque, nous devions nous acquitter d’une vignette de 950 € et prévenir 4 heures à l’avance les autorités. Cela concerne moins d’une trentaine de taxi sur les 1500 que compte le département. Malgré l’accord verbal du gouvernement monégasque, ce dernier refuse aujourd’hui de vendre des vignettes aux taxis alors qu’il en a octroyé 140 à des VTC ! Nous avons donc demandé que soit appliquée la réciprocité d’interdiction de charge sur le territoire français. Face aux contrôles à l’aéroport de Nice, les taxis monégasques tentent aujourd’hui de jeter le discrédit sur les taxis niçois. Nous avons compris qu’ils cherchent à gagner du temps mais, épaulés par notre avocat, nous maintenons notre offre de dialogue.
Comment favoriser la relance ?
La FFTP est toujours bien vivante malgré l’opinion de certains. Nous agrandissons notre représentativité dans le respect de nos homologues et partageons notamment une collaboration constructive avec la FNDT. Aujourd’hui que l’activité est au plus bas, il va nous falloir apprendre à travailler différemment. Plusieurs axes de développement se présentent à nous : l’exploitation de véhicules à carburation propre, le renforcement de la digitalisation, la culture de la qualité de service… Il faut continuer le travail de fond pour fidéliser la clientèle et approfondir la synergie avec les autorités municipales comme régionales. Nous ne pouvons pas baisser les bras si nous voulons redémarrer une fois que les aides auront cessé… Nous devons être acteur et promouvoir le « consommons local » !

Propos recueillis par HM

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