Couvre-feu tout flamme

Accentuant les contraintes sur les mobilités et les réunions, les restrictions annoncées par le Premier ministre vendredi dernier laissent planer le doute sur un nouveau confinement.
Telle l’épée suspendue par un crin de cheval au-dessus de la tête du mythologique courtisan Damoclès par le tyran voulant lui démontrer la précarité de son existence, la menace accable chacun. L’intérêt général est prioritaire, les exceptions à la règle doivent justifier d’un motif impérieux. Pourtant, pour de nombreux restaurateurs, la coupe est pleine ! Invitant à leur table ceux qui veulent braver le carcan sanitaire, leur fronde alimente la révolte des sceptiques et les médias en font des gorges chaudes. Dénonçant un appel à la désobéissance, les pouvoirs publics brandissent les sanctions et menacent les contrevenants de punitions exemplaires.
Alors que la raréfaction de la clientèle aiguise les conflits entre transporteurs loyaux et conducteurs ubérisés, les taxis ont également défié les consignes sanitaires pour se rassembler à Paris et Marseille. Manifestations symboliques en commémoration de la mobilisation qui avait soulevé le secteur en 2016 mais dont la principale revendication reste cuisante d’actualité. En effet, 4 ans après leur adoption parlementaire, les dispositions permettant la régulation des plateformes de mise en relation grâce au contrôle de leurs data restent inopérantes. Sollicités par les taxis, une douzaine de députés ont saisi le ministre des Transports pour demander des comptes. Quant au rapporteur de la loi, Laurent Grandguillaume, il assure le service après-vente du travail réglementaire et appelle le gouvernement à sortir du déni : « À quand le retour de l’État pour mettre fin au Far West dans la rue ? ». Dévoilés depuis un an grâce à l’investigation menée par le journaliste Alexandre Léchenet, le lobbying d’Uber et les arrangements que la multinationale a pu obtenir gangrènent toujours la pacification du secteur.
Ulcéré par le comité de racoleurs qui le toise en attendant les rares passagers de l’aéroport, Mehdi*, taxi parisien, aurait voulu laisser exploser son indignation. S’emparant d’une main des bagages de son client, il range son autre poing dans sa poche, remettant une nouvelle fois à demain l’envie… d’obtenir justice.

Hélène Manceron

* Le prénom a été modifié.

Plus d’info : « Le ministère de l’Economie dévoile le lobbying d’Uber », Alexandre Léchenet, Médiapart, le 21/04/2020 – Lire l’article

Partenaire photo ©DoYouSpeakTaxi 

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