Sous le couvre-feu, les braises

La nouvelle fait tousser dans son masque le taxi qui me raccompagne. « Après le confinement, le couvre-feu ! C’est plutôt : comment économiser sur notre système de santé en paralysant l’économie et brisant le lien entre les générations ! » s’étrangle-t-il, la voix étouffée par la paroi de séparation translucide. « Les mots de Macron font remonter de mauvais souvenirs de notre histoire contemporaine : le couvre-feu pendant l’Occupation ou, plus récemment celui institué en octobre 1961, discriminant chaque fois des segments de la population. »
« Nous ne sommes pas à proprement parler en présence d’une guerre, mais d’une catastrophe sanitaire. Les gens sont confinés chez eux, ils ne sont pas dans les tranchées. Il n’y a pas d’ennemis ni d’occupants, mais une menace virale, qui nécessite la mobilisation urgente de moyens », rappelait déjà en mars dernier Arnaud Benedetti, professeur associé à la Sorbonne. Reste que « tous les mots de la médecine poussent vers l’idée de guerre », explique le linguiste Jean Pruvost. « Ne parle-t-on pas de ‘‘guerre contre le cancer’’? ‘‘Ne vainquons-nous’’ pas une maladie? Une maladie ne ‘‘bat-elle pas en retraite’’ ?’ » La métaphore viserait seulement à nous faire mieux comprendre la gravité de la situation…
En première ligne de la crise sanitaire, les personnels soignants se sont mobilisés ce jeudi 15 octobre à Paris, Rennes, Rouen, etc. Ils dénoncent le manque de moyens dans les hôpitaux. Ils demandent du matériel, des embauches immédiates, une amélioration des conditions de travail et une revalorisation significative de leurs salaires. Après leur avoir octroyé une prime pour avoir fait face à la poussée printanière de Covid-19, le projet de loi de financement la sécurité sociale 2021 prévoit un nouveau tour de vis. Escomptant imposer 900 millions d’euros d’économies aux établissements de santé, le gouvernement semble oublier que la qualité du système de soins français est un domaine stratégique, que la médecine française devrait recevoir la considération d’une start-up !
Donner d’une main pour reprendre de l’autre ? Attention, cette stratégie ne fonctionne qu’avec des estomacs pleins !

Hélène Manceron

Photo de couverture réalisée par François Franceschi – FTR2A

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