Ah ! ça ira, ça ira, ça ira… en 2020 !

Comme à la fin de 2018, quand se succédaient les mobilisations des Gilets jaunes, les médias égrènent les jours de grève interprofessionnelle d’une partie du secteur public. Si, en cette période de fêtes, les cheminots concentrent toute l’attention en raison des conséquences sur la mobilité de citoyens, gardons-nous d’oublier les enseignants, les personnels hospitaliers, les danseurs de l’Opéra ainsi que les musiciens des orchestres nationaux… La fin des vacances scolaires risque d’être un nouveau temps fort de saturation des axes de déplacement. Bus, location de voiture, covoiturage, avion : les tarifs explosent. Les inconditionnels du VTC découvrent à leur détriment que le compteur réglementé des taxi a du bon ! Quant à la facture carbone de cette situation de crise, le thème ne fait plus recette et AirParif est renvoyé aux calendes grecques. Promulguée ce 26 décembre 2019, la loi d’orientation des mobilités (LOM) promue par le gouvernement via une procédure d’urgence (qui dure depuis 3 ans) promet une mobilité pour tous dans un souci d’écologie vertueuse. Passé en force malgré une opposition répétée du Sénat, le texte a été (partiellement) censuré in extremis par le Conseil constitutionnel saisi par 60 députés et 60 sénateurs. Les sages se sont, en effet, inquiétés de l’adéquation entre les dispositions de la nouvelle loi et l’article Ier de la Charte de l’environnement qui stipule que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé », ils ont également dénoncé l’introduction de « cavaliers législatifs » ‒ mesures hors sujet au regard de l’objet de la loi. Un nouvel échec pour les plates-formes disruptives de transport ou de livraison qui tentaient de faire oublier le droit du travail. Malgré leurs déboires au Royaume-Uni et en Allemagne, Uber et consorts poursuivent leur fuite en avant, méprisant année après année les dommages individuels et nationaux de leurs appétits financiers. Ils siphonnent les finances publiques, assèchent les comptes sociaux et engrangent sans complexe des revenus que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de mafieux.
Ce 31 décembre, Travis Kalanick, le Père fouettard de l’économie numérique et fondateur d’Uber, quittera définitivement son siège au conseil d’administration de la multinationale. Dans sa hotte, un modeste pécule résultant de la vente de ses actions en mai dernier… : 2,5 milliards de dollars ! Pas gêné aux entournures, il annonce la tête haute vouloir réinvestir les gains pour de nouveaux tours de table et de nouvelles innovations. Comment pourrions-nous résister à la promesse d’une « start-up Nation » ?
Bonne année !

Hélène Manceron

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