100% Edito : Montaigne, trop la honte !

C’est un nouveau scandale politique qui éclabousse le patronyme de l’illustre philosophe. Déjà pointé du doigt pour son rôle dans l’élaboration de la loi Blanquer, qui a fait descendre dans la rue les enseignants, l’Institut Montaigne vient de se faire épingler par le magazine Marianne. Dans un article du 26 août dernier, l’hebdomadaire rappelle l’influence de ce laboratoire d’idées au sein du gouvernement et révèle la collusion d’intérêts qui a présidé à la rédaction de l’article 20 du projet de loi d’orientation des mobilités : « Ubérisation : comment un lobbyiste a rédigé l’influent rapport de l’Institut Montaigne sur les droits des travailleurs ». Après avoir décortiqué le curriculum vitae de certains des membres de l’Institut, prétendument politiquement indépendant, la journaliste révèle leurs liens étroits avec les responsables des plates-formes de transport comme de livraison, ainsi qu’avec certaines assurances qui s’ouvriraient ainsi un nouveau marché juteux, ce qui n’a pas manqué de faire réagir les sénateurs. « Marianne a démontré cette semaine ce que nous avions pressenti durant l’examen de la loi d’orientation des mobilités (LOM) : les lobbies libéraux sont derrière la rédaction de l’article 20 qui introduit la possibilité pour les plateformes numériques de mettre en place une charte facultative régissant les relations avec leurs travailleurs ubérisés », avertissent Olivier Jacquin (Meurthe-et-Moselle), Nadine Grelet-Certenais (Sarthe) et Monique Lubin (Landes). Réaffirmant la position du Sénat qui avait supprimé l’article du projet de loi afin qu’il fasse l’objet d’un vrai travail législatif, ils dénoncent l’acharnement du gouvernement à réintroduire un « cheval de Troie du capitalisme » qui annihilerait les espoirs des travailleurs de l’économie numérique de voir enfin reconnaître par la justice le salariat déguisé qu’induit leur subordination aux plates-formes. Espérons que lors de la session extraordinaire du parlement qui débutera le 10 septembre prochain, députés et sénateurs n’oublient pas leurs classiques et se souviennent des mots de l’auteur des Essais : « il n’y a point de bête au monde tant à craindre à l’homme que l’homme. »
Bonne reprise à tous !
Hélène Manceron

Référence :

« Ubérisation : comment un lobbyiste a rédigé l’influent rapport de l’Institut Montaigne sur les droits des travailleurs »Lire l’article

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