Sorcières 3.0

Alors qu’Halloween a sacrifié son lot de citrouilles, zombis et autres créatures machiavéliques se cacheraient dorénavant derrière nos écrans. C’est la perversité de l’IA, l’intelligence artificielle utilisée par la célèbre application – sans oublier ses congénères – que dénonce Alex Rosenblat dans son livre « Uberland : Comment les algorithmes réécrivent les règles du travail ». Après 4 ans d’enquête dans 25 villes des États-unis et du Canada, la chercheuse au Data & Society Research Institute de New York témoigne : « L’une des raisons qui motivent les conducteurs à collaborer avec cette plate-forme est leur croyance dans la justice de son algorithme. » Cependant « les chauffeurs américains soupçonnent depuis longtemps que la plate-forme d’Uber offre à ses nouveaux chauffeurs des tarifs plus avantageux afin de les « rendre accro ». Ils s’aperçoivent au fil du temps que l’algorithme apprend leur comportement et est moins incité à leur donner de bons tarifs. » Constatant qu’après six mois de travail, 68% des conducteurs mettent fin à leur collaboration avec la multinationale, elle précise également que « des ajustements similaires ont eu lieu ces dernières années dans les achats en ligne : les grands détaillants modifient le prix indiqué aux différents clients pour le même article, en fonction de leur lieu de résidence et de la manière dont ils pourraient consommer ».
En France, les scores du e-commerce battent des records : 81,7 milliards d’euros ont été générés en 2017, 37,5 millions de Français achètent en ligne, 182 000 sites e-commerce ont été recensés actifs dans l’Hexagone ! Pourtant seuls 68 % des sites marchands leaders se déclarent rentables… Tandis qu’en termes d’innovation et de recherche, les investissements des entreprises françaises se placent au premier rang européen, certains experts les soupçonnent de réserver leurs investissements matériels pour produire ailleurs. Face à la déliquescence de notre économie, de plus en plus de citoyens s’organisent. Les 10, 11 et 12 novembre prochain, le salon Made in France se déroulera à Paris-Porte de Versailles. Rassemblant professionnels et consommateurs, il offrira une nouvelle fois un panorama de l’excellence du savoir-faire à la française. Ceux qui souhaitent éloigner les vampires de la gig economy, cette économie des petits boulots, sont invités à y participer ! Forts de leurs rencontres, ils pourront ensuite commander en ligne leurs prochains cadeaux de Noël !

Hélène Manceron

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