Mobilité : La tragédie des biens communs

Bicolores, vert citron, jaune vif, rose fluo… Comme des papillons colorés, les vélos en libre service sans station d’attache, appelé également « free floating », ont essaimé à travers le monde. Fleuron de l’innovation numérique au service de la mobilité de proximité, leur principe est simple : téléchargez l’application, géolocalisez le vélo, scannez le QR code avec votre smartphone, l vélo se débloque et c’est parti pour 30 minutes de pédalage à coût réduit. À la fin de votre trajet, vous laissez votre vélo sur la voie publique pour un prochain utilisateur. Derrière ces images bucoliques se cache une concurrence d’investissements colossaux. En Chine, 16 millions de vélos partagés ont été déversés sur la voie publique. Dépassées par la dérive du dispositif, les autorités ont dû créer des « casses » à vélo. Au Royaume-Uni, des vélos ont été piratés, vandalisés et jetés sur des voies ferrées. En Australie, ils ont même été intégrés à des sculptures bloquant la chaussée… En France, la société Gobee.bike a annoncé ce 24 février qu’elle jetait l’éponge : « Depuis la mi-décembre, c’est un effet domino de dégradations qui s’est abattu sur notre flotte de vélos, partout où notre service existait en France. Des actes de vols, recels de vol et de détériorations qui n’ont fait que s’amplifier, devenant le nouveau passe-temps d’individus, le plus souvent mineurs, encouragés par des contenus largement diffusés et partagés sur les réseaux sociaux. » Cet échec est-elle la conséquence d’un incivisme incurable de la jeunesse française ? Pour le professeur d’économie Utteeyo Dasgupta, la problématique des vélos en libre-service s’expliquerait plutôt par la « tragédie des biens communs », résumée sous forme de fable par le biologiste Garrett Hardin : Dans un village, le maire décide d’ouvrir un pré accessible à tous les bergers pour faire paître librement leurs bêtes. Rapidement le pré est ravagé si bien que le maire se voit dans l’obligation de le remettre en état aux frais de la commune… Seule solution pour l’édile afin d’éviter ce résultat perdant-perdant : « taxer, limiter, proratiser et rétrocéder ».

N’est-ce pas ce qu’avaient proposé les taxis lorsque les pirates numériques du transport de particulier de personnes ont débarqué en ville ?

Hélène Manceron

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