Taxis/VTC : nouvelles perspectives pour le T3P – A. Griset, Union Nationale des Taxis – UNT

Président de l’UNT, Union nationale des taxis, ainsi que de l’APCMA, Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat, Alain Griset est l’un des artisans de la modernisation du transport public particulier de personnes – T3P. À l’aube d’une année déterminante pour le secteur, il nous confie son analyse.

Alain GRISET, Président de l'Union Nationale des Taxis (UNT) et de la Chambre régionale de métiers et de l'artisanat Hauts de France, de la Chambre de métiers et de l'artisanat Nord Pas-de-Calais.

Alain GRISET, Président de l’Union Nationale des Taxis (UNT) et de la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat Hauts de France, de la Chambre de métiers et de l’artisanat Nord Pas-de-Calais.

À quand la sortie de crise ?
Le premier défi que doit relever la profession est celui de l’union. La crise que nous traversons dure depuis près de 15 ans et l’une de ses causes principales est la fragmentation de notre profession. Notre manque de structuration ne nous a pas permis de donner une réponse cohérente aux évolutions du secteur amplifiées par le développement des technologies numériques et de l’économie collaborative. Reste que depuis deux ans, un travail constant et régulier s’est mis en place entre fédérations et des intersyndicales ont été organisées pour faire face aux problèmes du T3P. L’élaboration et le vote de la loi Grandguillaume témoignent que, même sans manifester, les taxis peuvent se faire entendre. L’UNT est une jeune organisation qui considère qu’une union nationale des taxis doit être capable d’anticiper les besoins de ceux qu’elle représente en fonction des évolutions de la société. Nous ne voulons plus être mis devant le fait accompli car notre profession a les atouts nécessaires pour être un acteur clef et force de propositions.
Comment se met en place la nouvelle formation taxi/VTC ?
En quittant cette année mes fonctions de président de l’APCMA que j’occupe depuis 17 ans pour celles de président de U2P, l’Union des entreprises de proximité*, j’ai à cœur de mettre en place une organisation exemplaire avant de me consacrer à mes nouveaux engagements. L’État a déjà confié de longue date aux chambres de métiers et de l’artisanat l’organisation des examens de nombreux métiers auxquels s’ajouteront désormais ceux du T3P, la formation restant de la compétence des établissements privés. Grâce au référentiel des connaissances requises que nous avons constitué, les représentants des préfectures et des CMA pourront élaborer les sujets. Soumises à la volonté de l’État qui impose la fréquence et le contenu des examens, les sessions seront organisées dans les départements en fonction du nombre de candidats. Dès la mi-janvier, les aspirants taxis et VTC pourront accéder à un site d’inscription en ligne et consulter les résultats. Des modalités d’accès plus simples et transparentes, n’en déplaise à certaines plates-formes VTC qui voient déjà fondre, avec la professionnalisation de l’activité, leur réservoir de main-d’œuvre corvéable.
Quelles perspectives pour les taxis ?
En 1975, à Lille, il n’y avait ni tramway, ni téléphone portable ; 90 % du chiffre d’affaires des taxis se faisaient à la sortie du bistrot. Aujourd’hui, les taxis sont en gare, auprès des entreprises et de leurs clients, qu’ils soient connectés ou non. Ceux qui n’ont pas compris la nécessité d’adapter leur offre vont perdre leurs marchés et ils ne doivent pas compter sur le fonds d’indemnisation pour lequel rien n’est prévu dans la loi de finances 2017. Tout en avançant des propositions pour les collègues les plus en difficulté, les organisations professionnelles taxi s’y sont d’ailleurs opposées, non pas sur le principe mais sur les conditions proposées par le gouvernement car le rachat des licences par les taxis eux-mêmes est inacceptable. Quant aux manifestations, outre l’image négative qu’elles donnent de la profession, elles ne sont clairement plus une solution. Lors de la dernière manifestation nationale du 26 janvier 2016, 5000 taxis se sont mobilisés, soit moins de 10 %. Il est évident que l’espoir réel de s’en sortir repose sur une organisation de la profession par des représentants officiels et légitimes ainsi que sur notre capacité à écouter les consommateurs et l’évolution de leurs attentes.
Propos recueillis par HM

*U2P : Union des entreprises de proximité, fusion de l’Union professionnelle artisanale (UPA) et de l’Union nationale des professions libérales (UNAPL).

Plus d’infos :
APCMA
UNT

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