Entre adultes consentants

Employé pour la première fois en 2014 par le PDG de Publicis, Maurice Lévy, le terme « ubérisation » n’a cessé d’alimenter les débats depuis deux ans. Entré dans le Le Petit Robert en mai 2016, le néologisme « ubériser » est défini comme l’action de « déstabiliser et transformer avec un modèle économique innovant tirant parti des nouvelles technologies ». Pour Boris Descarrega, responsable d’études socio-économiques à l’Observatoire Société et Consommation (ObSoCo), « le terme d’ubérisation est fréquemment employé parce que le développement de l’économie collaborative est encore relativement récent et entraîne des problématiques nouvelles. Son usage diminuera très probablement quand le constat qu’il décrit ¬- l’émergence des acteurs de l’économie collaborative ¬- sera devenu une évidence. » Hélas, en l’espace d’un an, l’ubérisation semble être devenue l’expression triviale d’une nouvelle forme de domination numérique, synonyme de proxénétisme et très loin de l’économie collaborative et du partage vertueux entre producteurs et consommateurs qu’elle sous-entend. Après avoir méprisé l’alerte lancée par les taxis lors leurs manifestations, les chauffeurs de VTC dénoncent leur esclavage et promettent pour 2017 un « Printemps d’Uber ». Promulguée le 30 décembre, la loi Grandguillaume porte les espoirs d’une responsabilisation des plates-formes de mise en relation pour une prestation de transport ainsi qu’un recadrage des transports collectifs Loti. Sera-ce suffisant face à une société civile qui raffole des « bon plans » obtenus sur le dos des autres et se fait livrer ses pizzas par des coursiers à vélo payés au lance-pierre ?
Comme à l’accoutumée, la nouvelle année s’annonce porteuse d’espoirs et de bonnes résolutions : volontaires, les taxis ont refusé une actualisation de leurs tarifs malgré l’augmentation du coût de la vie ; la réforme de la formation aux métiers du T3P devrait porter ses fruits et professionnaliser les transporteurs amateurs ; procédures judiciaires, contrôles de police et de l’administration finiront bien par assainir le secteur… D’ici là, évitons d’ubériser nos concitoyens sans leur consentement.
Bonne et heureuse année à tous !

Hélène Manceron

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