Contrôles sur la voie publique : la riposte des applis

Fondant leur business plan sur les failles des réglementations, les plates-formes VTCistes voient d’un mauvais œil l’obligation de résultat imposée au gouvernement par les taxis. Dans le collimateur des contrôles, la dérive de l’exploitation des véhicules Loti pointée du doigt par le Premier ministre. Les « applis » mobilisent donc leurs réseaux pour continuer de prospérer impunément au nom de l’économie de partage, cherchant à éviter les responsabilités qui incombent à leur exploitation et faisant pression sur le gouvernement. Quant aux conducteurs de VTC, ils boycottent le mouvement et dénoncent la précarité de leurs conditions de travail.
Loti sous surveillance
Statut jusqu’alors inconnu hormis des spécialistes, les « Loti » sont désormais sur le devant de la scène. Normalement réservée aux transports de groupe d’au moins deux passagers, cette capacité de transport public routier de personnes (TPRP) définie par la loi d’orientation des transports intérieurs était devenue la nouvelle astuce de recrutement des plates-formes VTCistes pour échapper à l’application de la réglementation en vigueur. Destinataires d’un courrier de rappel adressé par le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, Uber, Chauffeur-Privé et consorts sont aujourd’hui vent debout contre le gouvernement. À la demande de la transmission du registre précis des exploitants avec lesquels elles ont été « partenaires » en 2015, elles lancent une cabale politique autour du Premier ministre autour du slogan : « plan social de Manuel Valls : votre futur emploi supprimé »…
Hashtag de guerre
Anticipant la manifestation du 26 janvier, les applications Uber, Allocab, Chauffeur-Privé, CINQS, Marcel et Snapcar contactaient leurs fichiers clients et ceux de leurs conducteurs pour faire écho à leur campagne de communication. Sous le slogan « non à la fin des applis », elles ont multiplié les petites phrases assassines afin de provoquer les taxis. « Les fabricants de voitures ont-ils payé pour la disparition des chevaux ? » déclarait le patron d’Uber au ministre de l’Économie en marge d’une soirée internationale chez Google, invitant sans vergogne les taxis à rejoindre sa plate-forme alors que ces derniers ne cessent de dénoncer l’évasion fiscale et sociale organisée par la multinationale. Ce week-end, les applis annonçaient une manifestation demain, mardi 2 février, et tentaient de décrédibiliser le médiateur Laurent Grandguillaume sur les réseaux sociaux.
Boycott contre manipulation
Portée par une association jusqu’alors inconnue du secteur et revendiquant le soutien d’une dizaine de sociétés de Loti, la manifestation des plates-formes VTC est dénoncée par les conducteurs affiliés qui s’étaient mobilisés le 18 décembre 2015 contre la précarisation qu’ils subissent. « Nous sommes tombés dans un piège […] beaucoup de chauffeurs se sont endettés pour des crédits automobiles en pensant que cette activité était rentable et surtout légale », expliquait le secrétaire général de l’Unsa SCP-VTC à l’AFP. Mais les plates-formes ne sont pas à une combine réglementaire près, comme en témoigne la récente condamnation d’Uber à une amende de 1,2 million d’euros par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir incité ses chauffeurs à la maraude sur la voie publique. En Belgique, le 15 octobre dernier, Uber avait payé des chauffeurs pour manifester devant le cabinet du ministre-président du gouvernement de la région de Bruxelles.

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