Uber France dans la tourmente

« Uber fait ce qu’il veut sur les prix. D’ailleurs, il y a 15 jours, il y avait une manifestation de chauffeurs Uber », expliquait Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, aux étudiants de l’Université 42 fondée par Xavier Niel, le fondateur de Free. Mais la rébellion de ses propres chauffeurs n’est pas le seul écueil auquel se heurte la multinationale pour laquelle le vent est semble-t-il en train de tourner…
Enfoncer le clou
Condamné en première instance pour « pratique commerciale trompeuse » sur plainte de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, Uber a d’abord fait appel au motif qu’« aucun texte législatif ne permet d’affirmer qu’UberPop était illicite à l’époque des faits ». Lors de l’audience du 19 octobre dernier à la cour d’appel de Paris, les réquisitions ont été accablantes : au premier chef d’accusation s’est ajouté celui de tromperie sur la communication des conditions d’assurance du service, tant pour les passagers que pour les conducteurs, avec, à la clé, une amende de 200 000 € ! « Un montant ridicule », déplorent à juste titre les taxis, mais qui s’ajoute encore à la procédure diligentée contre Uber France et ses deux principaux dirigeants. Avec la même rigueur, la préfecture des Bouches-du-Rhône a publié le 20 octobre un arrêté interdisant « l’activité de transport routier de personnes à titre onéreux à partir de l’application Uber X organisée par l’entreprise Uber ou ses intermédiaires dans le centre-ville de Marseille, sur l’aéroport de Marseille-Provence et la gare SNCF d’Aix-en-Provence TGV ». Un rappel à la loi salutaire face notamment aux nombreux détournements du statut de Loti, réservé uniquement aux transports de groupes.

Paris, gare du Nord. La maraude incessante des VTC et des Loti crée la confusion dans les zones d'affluence.

Paris, gare du Nord.
La maraude incessante des VTC et des Loti crée la confusion dans les zones d’affluence.

Débandade des « Ubérisés »
Depuis la baisse de 20 % du tarif des courses décidée unilatéralement par l’application, les chauffeurs « partenaires » de la multinationale sont en ébullition. Dans les dernières semaines se sont créés trois syndicats regroupant des VTC et des Loti. Certains chauffeurs tentent de développer leur propre application smartphone tandis que d’autres, étranglés par la brutalité économique de la plate-forme numérique, ont préféré jeter l’éponge. À Paris, les Taxis Bleus ont invité les « déçus d’Uber » à s’engager dans le métier de taxi. Enfin, première en France, l’un des chauffeurs Uber a engagé une procédure au tribunal des prud’hommes afin de faire valoir le lien de subordination auquel il est assujetti par la plate-forme et réclame la requalification de son contrat de partenariat en contrat de travail. En Californie, berceau de l’application, un tribunal a souligné en juin dernier que les conducteurs affiliés font partie intégrante de l’application et que cette dernière n’existerait pas sans eux. Depuis, trois chauffeurs ont obtenu la possibilité de conduire une action judiciaire en nom collectif  pour faire valoir leurs droits. Même si ces procédures sont longues, leur multiplication à l’échelle internationale risque d’hypothéquer l’expansion de la société. À défaut des actionnaires, ce sont les avocats d’Uber qui pourraient bien faire fortune !

HM

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