VTC : Pas tous dans le même sac !

Indépendants investis dans une PME ou affiliés auto-entrepreneurs, VTC par vocation ou par opportunité, ils sont, depuis la loi dite de « développement et de modernisation touristique » du 22 juillet 2009, tous confondus sous la même appellation. Depuis la création du régime d’auto-entrepreneur permettant d’être travailleur indépendant sans en assumer les charges, le nombre d’immatriculations et de chauffeurs de VTC s’est multiplié. Quant aux ex-grands remisiers, spécialistes des déplacements haut de gamme, ils voient, malgré le rééquilibrage de la concurrence annoncée par la loi Thévenoud, leur activité taillée en pièce et soutiennent les revendications de leurs concurrents, les taxis.

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Paroles de transporteurs

« Les VTC ne sont pas les ennemis des taxis », déclarait au journal Libération le 3 juillet dernier Alexandra Pastor, secrétaire générale de la FFEVTC – Fédération Française des Entreprises de Véhicules de Transport avec Chauffeur. « Nous nous battons pour professionnaliser notre métier et pensons qu’il y a de la place pour que taxis et VTC puissent coexister. C’était d’ailleurs le but de la loi Thévenoud. Mais l’affaire UberPop a mis le feu aux poudres et il y a eu un amalgame entre ces chauffeurs occasionnels totalement hors la loi et les VTC. C’est très regrettable. Les sociétés présentées comme VTC ne sont en réalité que des sociétés d’application et de mise en relation non représentatives de notre activité ». Elle n’est pas la seule à dénoncer l’amalgame. « Je refuse que l’on me mette dans le même panier que ceux qui conduisent pour Uber ! ». La trentaine juste passée, costume impeccable, regard droit, Sébastien a investi avec son associé dans trois véhicules haut de gamme et doit veiller à rembourser son crédit. « Entre un conducteur auto-entrepreneur qui loue son véhicule et moi, ce sont deux situation sociales et fiscales totalement différentes. Même si mes tarifs sont libres, Uber peut casser les prix pour détourner la clientèle des taxis, pas moi ! C’est une concurrence déloyale. De plus, les applications usurpent notre qualité de service et remplace la prestation de prestige par du marketing ! ».

La loi du silence

Même du côté des chauffeurs de VTC affiliés aux applications smartphones, le torchon brûle. Outre les problèmes de délais de règlement des courses qui se généralisent face aux aléas de gestion que rencontrent les éditeurs, certains dénoncent la précarité imposée. Un groupe de « VTC-Capacitaires » multiplie les actions de pression vis-à-vis des plates-formes numériques. Le 8 juillet dernier, ses chauffeurs ont investi les locaux parisiens de l’application major de leur secteur pour l’interpeller sur leur situation : courses minimum, redéfinition des conditions de radiation et de suspension aux services de l’application, arrêt de la concurrence interne faite par la mise en relation des clients avec des chauffeurs non professionnels à moindre coût, etc. Un véritable crime de lèse-majesté dont aucun média n’a fait état, les rares informations circulant sur les réseaux sociaux ayant été soigneusement effacées… Le risque de représailles qui pèse sur les chauffeurs VTC contestataires est palpable et les pirates du numérique décapitent au moindre tweet !

 

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