Taxis / Appli VTC, un été de maquisard !

« Notre métier est instrumentalisé et humilié mais nous résisterons à la concurrence illégale pour la défense de nos taxis ! », affirme Didier Hogrel, président de la FNDT. Malgré les engagements du gouvernement et les forces déployées, les taxis et leurs organisations professionnelles restent méfiants sur l’issue d’une crise qui dure aujourd’hui depuis près de trois ans. De nombreux chauffeur sont déçus et le désespoir qui pèse sur leur profession aiguise leur colère. Le gouvernement tente de reprendre la main mais entre la stratégie conquérante d’Uber et la confusion judiciaire sur le sujet, le défi peut-il être relevé ?

Pouvoirs publics en force !

Soucieux de témoigner de la volonté du gouvernement de rétablir l’ordre dans le secteur, le ministre de l’Intérieur a reçu une seconde fois en une dizaine de jours les représentants des organisations professionnelles taxis pour faire à nouveau le point sur les issues possibles au conflit. Face à l’offensive économique et sociale d’Uber et consorts, les contrôles policiers et administratifs ont été multipliés de façon extraordinaire au regard des moyens actuellement disponibles : contrôles stricts de la voie publique sur l’ensemble du territoire national, mobilisation des forces administratives afin de réprimer le travail dissimulé et l’évasion fiscale. La détermination de Bernard Cazeneuve suffira-t-elle pourtant à masquer les incohérences de la justice et déjouer les stratégies de VTCistes ?

Com’, marketing et stratégie

Devant cette affirmation de la puissance publique, les VTCistes – la multinationale Uber en tête –, semblent quant à eux déterminés à gagner la bataille médiatique pour faire pression sur le gouvernement. En dépit du renvoi en correctionnelle de ses dirigeants français ainsi que du risque de saisie de véhicule qui pèse dorénavant sur ses chauffeurs affiliés, Uber affiche une confiance à toute épreuve. En fin stratège, la multinationale qualifie son interruption de « suspension » et attise la polémique en invoquant un changement de société grâce à une armada de communicants. Fort de cette publicité gratuite, son taux de téléchargement a grimpé et les bureaux de son siège parisien recrutent à tout-va !

Procédures et confusion

Malgré la condamnation à Toulouse, le 1er juillet dernier, d’un conducteur UberPop à 1000 € d’amende et deux mois de suspension de permis de conduire et les nombreuses procédures en cours qui devraient porter leurs fruits, la confusion semble régner dans les tribunaux. Exercice illégal de l’activité de taxi ou de celle de VTC ? Transporteur clandestin type UberPop ou covoiturage à la BlaBlaCar ? Les décisions du tribunal administratif de Paris et du tribunal de Montreuil relatives à l’accès des voies réservées en direction des aéroports parisiens illustrent le trouble judiciaire actuel. En l’espace de 24 h, l’un interdisait la circulation des VTC dans la voie réservée en direction d’Orly tandis que l’autre l’autorisait en direction de Roissy-CDG ! Dès septembre, le Conseil constitutionnel devra se prononcer sur la question prioritaire de constitutionnalité portée par Uber qui remet en cause la notion juridique de « titre onéreux », après avoir déposé deux plaintes contre l’État français auprès de la Commission européenne. Le forcing juridique de la société californienne ne semble pas connaître de trêve.

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