Prix des carburants : Une mauvaise « bonne nouvelle » ?

Avec un gazole à 1,13 euro le litre en moyenne en ce début d’année, c’est plus de 30 centimes de moins qu’en 2012, année de tous les records. Pour une consommation annuelle de 6 000 litres, qui est loin d’être rare chez les taxis, cela représente une économie de près de 1800 euros ! Seulement voilà, des voix s’élèvent pour dénoncer pêle-mêle une baisse artificielle qui promet un retour de bâton pour la fin d’année, tandis que d’autres s’étonnent qu’elle ne soit pas plus importante étant donné la chute des prix du pétrole. Certains enfin s’inquiètent des conséquences sur le développement des carburations alternatives.

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Oh les beaux jours
Pour détendre le contexte international et regonfler leur trésorerie, les pays producteurs de pétrole (et notamment les pays du Golfe) ont ouvert le robinet. Contrairement aux prévisions des spécialistes, la production s’est maintenue ces derniers mois. Rien d’étonnant quand on sait qu’en France, le pétrole représentait en 2011 93 % de l’énergie du transport et qu’« à l’horizon 2050, les scénarios de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) les plus ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique indiquent que le pétrole comptera encore pour […] plus de 50 % de l’énergie nécessaire au transport », selon l’Ufip, l’Union française des industries pétrolières. Le moteur thermique aurait-il donc encore de beaux jours devant lui ? Pas si sûr.
Le poids des taxes
Les associations de consommateurs n’ont pas manqué de faire remarquer au gouvernement que la baisse des prix à la pompe était loin de refléter celle des prix du brut. Normal… Outre le fait que les essenciers ont tendance à imposer un certain délai – voire un délai certain – avant de répercuter les baisses des prix du marché afin d’écouler leurs stocks, il ne faut oublier qu’en France, la majeure partie du prix du litre de carburant est constitué de taxes qui mécaniquement atténuent les variations des prix. D’autre part, depuis le 1er janvier, la TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques et la « taxe carbone » ont elles-mêmes été augmentées, réduisant d’autant l’impact de l’effondrement des prix du baril. Enfin, la plupart des spécialistes s’accordent à dire qu’une hausse brutale du cours du brut n’est pas à écarter dans les mois qui viennent en raison de tensions internationales auxquelles sont particulièrement sensibles les pays de l’Opep, l’organisation des pays exportateurs de pétrole.
Hypothéquer l’avenir
Conséquences immédiates : la loi sur la transition énergétique a du plomb dans l’aile et toutes les coûteuses initiatives pour promouvoir et développer des solutions alternatives au pétrole sont au point mort. Avec un litre de gazole pas loin d’un euro, pourquoi s’embêter avec un véhicule 100 % électrique, malgré les aides gouvernementales ? Chat échaudé craint l’eau froide et après l’échec relatif – et l’aberration écologique – du GPL et des biocarburants, les conducteurs hésitent à s’embarquer dans l’aventure. Quant aux gouvernements des pays industrialisés, le marasme économique des dernières années, et de celles à venir, leur dictent des solutions à court terme. Dans un climat économique, géopolitique et social hypertendu, leurs ambitions électoralistes et l’explosion du chômage les font reculer – ils diront qu’ils n’ont pas le choix – devant l’investissement nécessaire à une transition énergétique que tous s’accordent à déclarer inéluctable.

LT

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