Haro sur Uber !

Au fils des mois, la société Uber est devenue aujourd’hui l’homme à abattre. Une société américaine qui planque ses bénéfices dans les paradis fiscaux et que dénoncent même nos voisins Anglais et Belges constitue forcément un coupable idéal ! Mais n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt ?

europeContreUber
Une start-up pas comme les autres
Les start-up, c’est mignon tout plein : le rêve de beaucoup d’ados boutonneux qui cherchent désespérément des financeurs pour développer leur microentreprise… Sauf que Uber, née UberCab il y a seulement 5 ans à San Francisco, n’a aujourd’hui plus rien à voir avec un modeste inventeur du concours Lépine désireux de commercialiser son épluche-patate à panneau solaire ! La société représente aujourd’hui une force de frappe considérable, à la fois financière et technologique et qui s’étend sur une trentaine de pays et une centaine de villes sur plusieurs continents. Financière grâce à des investisseurs tels que Google et Goldman Sachs, entrés dans le capital en 2014 ; technologique grâce à l’explosion du taux d’équipement en smartphones des populations urbaines et de leurs applications intégrées, ces fameuses « apps » qui vont du GPS au localisateur de pizzerias à moins de 5 euros dans un rayon de 2 km… Pourtant, malgré des parrains aussi puissants et prestigieux, Uber doit faire face aujourd’hui à une contestation grandissante, et pas seulement en France.
Le mal incarné ?
Force est de constater qu’en à peine quelques mois, cette société a réussi l’exploit de concentrer sur elles les foudres de ses concurrents directs. D’abord les taxis, mais également de certains VTC qui souhaitent se démarquer d’un confrère bien trop grand et plutôt encombrant. Mais aussi, d’une clientèle – apparemment seulement nord-américaine pour l’instant – qui découvre les effets pervers d’une quasi-absence de réglementation, et enfin de gouvernements ou de métropoles européennes qui n’ont plus les moyens de tolérer l’évasion fiscale… Baptisée « optimisation fiscale » par les avocats d’affaires, cette dernière facétie est particulièrement reprochée à Uber, notamment par le député Thomas Thévenoud qui estime anormal que 20 % des profits de Uber soit fiscalisés aux îles Caïman – en réalité aux Bermudes et dans le Delaware, ce qui ne change rien à l’aspect nauséabond de ce montage financier. À Londres, les « black cabs » menacent de paralyser la capitale britannique dès le mois prochain, accusant Uber d’utilisation frauduleuse de taximètre. À Berlin, l’association des taxis a réussi à obtenir l’interdiction temporaire de la société californienne… avant de retirer sa plainte de crainte de perdre en appel. À Bruxelles, la ministre en charge des Transports, Brigitte Grouwels, soutient ouvertement les taxis bruxellois et déclare illicite le système UberPop de covoiturage « rémunéré » lancé en février, avec amendes et confiscation des véhicules à la clé. Idem en Australie à Sydney, aux États-Unis à Cincinnati, …
Une remise en question nécessaire
Cette levée de boucliers ne devrait pourtant pas occulter quelques vérités dont les professionnels du transport de personnes, qu’ils soient de France ou d’ailleurs, feraient bien de se préoccuper. Au-delà même du prix de la course, une partie non négligeable de la clientèle recherche avant tout une prestation de qualité de service ajouté à la prestation de transport, ce service plus incluant un véhicule propre et confortable, un accueil convivial avec choix de magazines, bouteille d’eau, etc. Elle désire également un temps d’attente fiable à défaut d’être réduit, un prix de la course fixé à l’avance, quitte à payer plus cher… Un concept difficile à avaler pour les taxis qui, après des années d’interdiction du forfait, se voient désormais confrontés à une concurrence qui en abuse, et avec succès ! Enfin, il faut prendre garde que derrière l’arbre Uber se cache une forêt d’entreprises prêtes à reprendre le flambeau moyennant quelques aménagements de façade. À Bruxelles déjà, des clones de Uber tels que Djump et Taxi2share attendent avec impatience la chute du géant américain pour s’emparer du marché et fondent d’ores et déjà leur stratégie marketing en faisant écho au haro jeté sur leur leader.      LT

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