« Des cyberboers pour toutes les applications » – P. Peyrard, Taxiloc

Lors des ateliers organisés par le médiateur Thomas Thévenoud, de nombreuses propositions ont été présentées par les participants. Concernant le contrôle de l’activité de la mise en relation clients et transporteurs de moins de 10 personnes, celle de la création de Cyberboers semble ouvrir des perspectives pour un meilleur respect de l’équité entre chauffeurs. Nous avons interviewé Pierre Peyrard, initiateur de la proposition et directeur général de Taxiloc.

Comment les nouvelles technologies peuvent-elles contribuer à maîtriser les dérives qu’elles favorisent ?

Il faut répondre aux dérives du numérique par le numérique. C’est en amont, sur les centres serveurs des exploitants de plates-formes, que l’on peut intervenir efficacement tout en respectant les contraintes budgétaires de l’État. En clair, les forces de police doivent disposer d’une capacité d’intervention technologique leur permettant d’accéder à tout instant aux serveurs qui exploitent la base de données des chauffeurs connectés par smartphone. On pourrait imaginer un système d’alerte par mail ou SMS déclenché dès lors que le smartphone d’un chauffeur resterait connecté sur une amplitude de temps anormale, ainsi qu’une cartographie en temps réel des positions GPS de tous les chauffeurs. Pour améliorer la traçabilité des courses, il suffirait de conserver temporairement les données « anonymisées » des clients pour analyser a posteriori celles portant litige. Enfin, elles pourraient disposer d’une information fiable et impartiale sur les conditions dans lesquelles les courses ont été acceptées par le chauffeur : lieu et conditions d’acceptation (en roulant ou à l’arrêt) mais aussi identification de la source de réservation écrite préalable.

Une brigade de Cyberboers pourrait-elle rapidement être mise en place ?

Nous proposons la création d’une équipe de 10 Cyberboers à Paris sur les 70 de la brigade. Après avoir bénéficié d’une formation, cette équipe pourra orienter efficacement les contrôles sur le terrain à la lumière d’éventuelles anomalies constatées, ou de simples soupçons. En région, cette mission serait confiée aux fonctionnaires du ministère des Transports chargés du contrôle des chronotachygraphes électroniques des véhicules PL, assistés des collègues chargés du cybercontrôle, connectés aux serveurs recensant les chauffeurs en activité. Évidemment, dans un souci d’égalité de traitement, ce qui est vrai pour les chauffeurs VTC connectés le serait pour les chauffeurs de taxi connectés, qu’ils utilisent un smartphone ou un terminal radio taxi.

Avec son côté « Big Brother », ne craignez-vous pas un rejet de la part des chauffeurs ?

On ne peut pas à la fois exiger davantage de contrôles et vouloir s’y soustraire. Cette mesure met justement tout le monde sur un pied d’égalité. En outre, elle renforce la sécurité publique ; elle donne la possibilité de trancher des litiges grâce à la traçabilité des courses enregistrées dans les serveurs ; enfin, elle dote les forces de l’ordre de moyens de contrôles peu coûteux et particulièrement efficaces. La CNIL sera sollicitée afin de garantir la protection de la vie privée s’agissant notamment des déplacements des clients et de leurs données personnelles. Seuls les chauffeurs, durant leur amplitude de travail, seront susceptibles de faire l’objet de contrôles au motif qu’il s’agit d’un transport public réglementé.

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