Applis taxi interdites à Shanghai

Avec 23 millions d’habitants, Shanghai constitue l’une des plus importantes mégapoles du monde. Répartis principalement entre 5 sociétés qui se distinguent par la couleur de leurs véhicules, les taxis y sont un mode de transport très apprécié, à la fois des habitants et des touristes d’affaires. Mais aujourd’hui, trouver un chauffeur libre aux heures de pointe relève du miracle. Les autorités locales ont donc décidé de frapper un grand coup en bannissant l’utilisation des applications de mise en relation aux périodes critiques de la journée, et ce pour tous les transporteurs, qu’ils soient taxis ou VTC !
Taxis dans le collimateur
Comme au Brésil (voir 100% News 29), les applis taxi fleurissent un peu partout en Chine et les chauffeurs, flairant l’aubaine, se sont rués sur ce moyen simple et peu coûteux d’augmenter leur clientèle et leur chiffre d’affaires. À Shanghai, il n’est pas rare de voir plus d’une dizaine de portables sur la planche de bord de votre taxi, chacun d’eux prêt à répondre aux demandes de Didi Taxi, Kuaidi Taxi, etc. Résultat : vos chances de pouvoir héler un taxi libre en début de matinée ou en fin d’après-midi sont désormais quasi nulles, et la bonne réputation des professionnels de Shanghai qui, d’après le sondage du site hotels.com, se classaient en 2013 au 4e rang des meilleurs taxis du monde derrière les intouchables black cabs londoniens, les yellow cabs new-yorkais et les taxis à gants blancs de Tokyo, risque fort de dégringoler dans les années à venir.
Éteignez votre portable !
Afin de remédier à la situation, l’Administration portuaire et des transports de Shanghai n’y est pas allée par quatre chemins. Elle s’est adressée directement aux dirigeants des deux principales sociétés de mise en relation taxi, qui détiennent à elles seuls près de 90 % du marché, pour leur demander d’appliquer les nouvelles règles sous peine d’être suspendues. Quant aux chauffeurs, ils devraient voir leur nombre augmenter aux heures de pointe (par une méthode que ne précise pas la dépêche de l’agence Reuters qui a diffusé l’information…) et, surtout, ils ont désormais l’interdiction formelle d’utiliser leur(s) portable(s) ou tout autre appareil mobile lorsqu’ils transportent un passager, ou de refuser un passager lorsqu’ils roulent à vide. Les autorités de Shanghai se sont en effet rendu compte que ces nouvelles pratiques induisaient un effet pervers sur la tarification…
Courses aux enchères
La pénurie grandissante de « taxis de rue » et la simple application de la loi de l’offre et de la demande ont conduit les clients les plus aisés à proposer un « bonus » pour s’assurer d’obtenir un taxi dans des délais raisonnables. Un véritable système de mise aux enchères est alors apparu dans lequel les chauffeurs, les yeux rivés sur leurs portables, attendent l’offre la plus alléchante avant de répondre à la demande. La municipalité de Shanghai n’a pas tardé à comprendre qu’en laissant se développer l’utilisation des applis taxi, c’est toute la réglementation tarifaire à laquelle étaient soumis les professionnels chinois, à l’instar des français, qui risquait de voler en éclats ! Une forme de capitalisme sauvage que le régime de Pékin n’est pas encore prêt à digérer…

LT

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