« Equipements embarqués et réglementation », C. Jouault – SMTE

À peine ses études terminées, Christophe Jouault, fils de taxi, souhaite embrasser le métier. Hélas, il doit attendre l’expiration des deux ans de permis obligatoire. Il embauche alors provisoirement à la SMTE, la Société marseillaise de taximètres électroniques… et depuis 14 ans, ce passionné de mécanique s’investit à 200 % « pour être en permanence au service des clients » auprès des taxis de PACA et de Corse ! Un expert de la relation entre équipements embarqués et réglementation.
Pouvez-vous nous rappeler l’organisation spécifique des taxis marseillais afin de partager le travail ?
Le système de décades mis en place à Marseille permet de limiter le temps de travail des taxis sur 16 jours (12 jours de travail suivis de 4 jours de repos). Cette répartition du travail date de l’arrivée des rapatriés d’Algérie à partir de 1962. Pour favoriser leur intégration, il est décidé la création de 400 licences : 200 attribuées aux rapatriés et 200 aux chauffeurs de taxi travaillant chez un patron depuis plus de 10 ans. Toutefois la municipalité – qui se base sur la mise à disposition d’un taxi pour 1000 habitants – met en place un repos obligatoire afin d’éviter le surnombre. Attention ! Cette mesure n’est pas synonyme d’interdiction de travailler car pendant ce repos obligatoire, les professionnels marseillais peuvent sortir librement sur rendez-vous, clientèle privée et transport de malades. Seul l’accès aux stations et aux groupements radio leur est interdit.
Quel témoignage votre expertise d’installateur peut-elle apporter sur le développement des équipements taxi, de leur fiabilité et de leur contrôle ?
Installateur, c’est un métier qui tient à la fois de la mécanique, du commerce, de l’application des règlements administratifs et de la restauration rapide ! Il faut au taxi un service immédiat pour pouvoir continuer à servir la clientèle. Nous avons peu de réparation et d’entretien car les équipements proposés ont atteint un haut niveau de fiabilité et ils sont moins gourmands en énergie du véhicule. Reste que, depuis la généralisation de l’électronique, ce dernier s’est considérablement complexifié. Heureusement, jusqu’à présent, nous avons toujours réussi à installer les capteurs ! Malgré tout, notre double casquette d’installateur et de contrôleur est souvent difficile à faire accepter à nos clients. Nous avons en effet des comptes à rendre auprès des services de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi. Un des exemples les plus parlants est la vérification périodique. Pourquoi faut-il un minimum de sept jours de délai pour obtenir un rendez-vous alors que notre équipe est organisée pour être à la disposition des chauffeurs ? C’est car l’administration nous impose de lui transmettre préalablement la liste des rendez-vous prévus pour la visite périodique car elle se réserve le droit d’intervenir pour contrôle lors de ces prestations. Travailler sous vidéosurveillance nous ferait parfois gagner du temps !
Avec les évolutions technologiques, quelle marge de manœuvre les équipements embarqués offrent-ils aux taxis ?
L’évolution de la réglementation nationale est beaucoup trop lente quand on la compare au rythme du développement des normes européennes. Les installateurs sont soumis à de grosses contraintes réglementaires. Certifiée ISO 9001, la SMTE est membre d’un réseau d’installateurs qui surveillent les évolutions réglementaires nationales comme européennes afin de pouvoir anticiper les mises à jour des équipements. Cette normalisation de notre activité est très contraignante car tout est répertorié, mais c’est un avantage pour faire face aux exigences de contrôle de l’administration.
Quant aux évolutions technologiques, c’est bien souvent la pratique des chauffeurs qui contribue à les mettre en place. Tout dernièrement, les agressions qui ont malheureusement fait l’actualité du taxi à Marseille ont permis à certains de découvrir les opportunités de la vidéosurveillance. Aujourd’hui, les taxis sont partagés entre ceux qui redoutent la surveillance et une nouvelle génération qui assume le développement technologique et joue le jeu de la transparence. L’avenir du taxi passe par la géolocalisation, c’est un pas à franchir.

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