« Les perspectives données par la manifestation nationale », J.C. Françon – FNTI

Après la manifestation nationale du 10 janvier, Jean-Claude Françon, président de la Fédération nationale des taxis indépendants, répond à nos questions.
Suite à la manifestation de jeudi dernier, les médias ont relayé la satisfaction des organisations professionnelles sur les résultats obtenus. Le confirmez-vous ? Qu’attendez-vous de la concertation annoncée par les pouvoirs publics ?
On n’est jamais satisfait totalement. Nous pouvons être satisfaits d’avoir été écoutés notamment grâce à l’importance du nombre de manifestants venus témoigner de la situation. Les pouvoirs publics avaient bien travaillé nos revendications et nos propositions pour répondre à nos attentes. Nous avons pu obtenir une mise en place concrète de la concertation et fixé aux 29 et 30 janvier prochain des séances de travail concernant les VTC et le 31 janvier une réunion concernant le volet Assurance maladie. Il a été difficile d’obtenir des dates mais nous restons vigilants sur tout enlisement de la situation. Nous serons prêts à manifester le 4 février prochain si les dossiers n’avancent pas.
Un conseiller de François Hollande mène actuellement un audit de la situation en rencontrant les représentants locaux de notre profession. Nous sentons une forte évolution dans les discussions. À croire que notre mouvement aura permis de rappeler le soin qu’il faut apporter aux petites entreprises et à leur contribution fondamentale au maintien de l’économie de proximité.
Qu’en est-il de l’application de l’article 44 et de la mise en œuvre des expérimentations ?
Même s’il y a des expérimentations, elles se feront de façon blanche. C’est déjà une avancée car nous dénoncions l’application arbitraire de l’article 44. Nous pouvons désormais envisager la mise en place d’organisations pilotes qui apporterons le moyen d’évaluer objectivement les bonnes et les mauvaise pratiques.
Concernant les territoires concernés, le Ministère de la Santé a démenti toutes prises de décision. Néanmoins, l’Assurance Maladie a elle aussi des propositions à faire en fonction des objectifs qu’elle s’est fixé et son parti pris est à craindre.
Le temps que les échanges aboutissent concrètement, il n’y aura pas d’essais avant plusieurs mois. Le dossier ne sera pas finaliser dans l’immédiat et les renouvellements de convention à venir se feront progressivement sur 2013 et 2014.
Les taxis sont conscients des économies qui sont nécessaire de faire pour l’Assurance maladie et nos propositions de solution concernant les longues distances en témoignent. Mais il ne faudrait pas que les choses se fassent au détriment des professionnels. Les transports, taxis, ambulances, hélicoptère, etc., ne représente que 2 % du budget global de l’Assurance Maladie. C’est dérisoire mais ce sont les taxis qui sont visés alors que l’augmentation des transports est inhérente à la création des hôpitaux de jours et à la création de déserts médicaux.
Le gel des inscriptions VTC va-t-elle concrètement enrayer les pratiques déloyales de concurrence ?
Les 29 et 30 janvier prochain, nous rencontrons les pouvoirs publics ainsi que les représentants des VTC. Exploitant d’un véhicule de tourisme avec chauffeur est un autre travail que le nôtre. L’hémorragie des créations d’entreprise de transport pénalise autant les taxis que les sociétés de VTC elles-mêmes.
La situation est figée jusqu’aux prochaines réunions de la fin du mois. Nous allons travailler nos propositions entre Fédérations taxis pour que nos arguments soient sur la même longueur d’onde. Nous rencontrerons les représentants des pouvoirs publics ainsi que ceux de VTC lors des séances de travail.
Enfin, la journée du 10 janvier dernier a illustré un grand moment de solidarité et une forte capacité de mobilisation de la part des taxis et de leurs organisations professionnelles. Quel message leur adresseriez-vous ?
Notre profession vit à nouveau un moment important. La crise Attali comme cette crise du transport de malades sont deux moments d’importance pour le taxi. Dans les deux cas, les projets des pouvoirs publics risqueraient de faire disparaitre près de 6 000 entreprises et mettre au chômage près de 12 000 salariés.
Nous nous reprochons souvent d’être trop individualiste mais je reste impressionné du nombre de taxis qui étaient venus jeudi dernier témoigner du malaise de nos entreprises. Notre profession évolue très favorablement mais dès que l’on bouge pour ne pas être sacrifié, on est taxé de corporatisme. La manifestation nationale a montré le vrai visage de notre profession : une multitude d’entrepreneurs indépendants développant des petites entreprises essentielles pour assurer le déplacement des concitoyens quel que soit là où ils vivent. Le seul privilège dont bénéficient les taxis n’est que de travailler pour eux quand leur situation bancaire leur permet.  La modernisation de notre profession est lente et les nouvelles technologies ont du mal à s’adapter aux impératifs de notre profession. Certains taxis ont peur d’évoluer. Ils se sont habitués à servir une clientèle qu’ils ont conquise mais il oublie que la clientèle n’est pas acquise et que la demande évolue. Si on veut rester indépendants, nous devons nous unir pour optimiser nos entreprises. Rien que pour éviter les kilomètres à vide et économiser le carburant.

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