Réélue à la présidence de la FNTI lors du 42e congrès organisé les 2 et 3 octobre à Nice, Magaly Bazire revient sur l’actualité qui impacte le taxi. Convention du transport de malades, concurrence des VTC, hausse des charges et mutations technologiques : la présidente détaille les priorités de sa fédération pour défendre les artisans taxis, faire entendre les réalités du terrain auprès des pouvoirs publics et préparer l’avenir de la profession.

Mohamed Baassini, Magaly Bazire, Romaric Thibaut et Abdelatif Grine. ©FNTI
Comment s’est déroulé le congrès de la FNTI ?
Je tiens à remercier la FTI 06 et son président Vincent Pelloux pour leur accueil et l’organisation de ce 42e congrès qui s’est tenu les 2 et 3 octobre à Nice, dans une ambiance à la fois conviviale et studieuse. Nous avons pu faire le bilan d’une année particulièrement intense pour notre profession, mais également du travail accompli par notre fédération durant cette période, avec la volonté de renforcer le travail collectif et de développer notre présence sur le territoire. Ce congrès a également été marqué par le renouvellement de nos instances. Je suis entourée d’une équipe dynamique, investie, où chacun partage son expérience, ses compétences et sa vision du métier. Une diversité qui permet d’avancer collectivement, avec de nouveaux projets et une réelle volonté. Ce que je retiens surtout, c’est la qualité des échanges et l’ambition commune de défendre les artisans taxis et l’avenir de notre profession.
Quels sujets ont fait l’actualité des échanges ?
Sans surprise, la nouvelle convention du transport de malades a occupé une place importante. Les réalités d’un territoire rural ne sont pas celles d’une grande agglomération et les règles doivent pouvoir s’y adapter. Pour le transport partagé, nous défendons un dispositif incitatif, mais refusons que des artisans soient pénalisés lorsqu’ils ne disposent pas des moyens matériels ou des possibilités d’organisation nécessaires. Nous avons également abordé les conséquences des nouvelles dispositions relatives aux ALD non exonérantes, la concurrence avec les VTC et les plateformes, la hausse des charges, l’évolution des tarifs, l’électrification et l’arrivée des véhicules autonomes. Les interventions de la FNTI, telles les adaptations obtenues sur la sectorisation mais aussi l’abandon du projet d’extension du dispositif expérimental d’ADS lié aux jeux Olympiques d’hiver de 2030, ont permis d’éviter certaines dispositions défavorables à la profession.
Quelle stratégie avez-vous définie face aux difficultés que rencontre la profession ?
Notre objectif est de défendre les intérêts actuels des artisans taxis tout en préparant l’avenir. Régulièrement en relation avec la CNAM, les ministères et différentes administrations concernées par nos activités, nous poursuivons un travail de fond auprès des pouvoirs publics. L’objectif n’est pas de nous opposer systématiquement aux réformes, mais de proposer des solutions concrètes afin qu’elles soient applicables et équilibrées. Pour renforcer notre organisation fédérale, nous avons modernisé nos outils, notamment un nouveau site internet, et souhaitons poursuivre notre développement territorial afin de faire remonter de la façon la plus complète les réalités du terrain et de peser dans les négociations nationales. Enfin, pour conserver toute notre place dans la mobilité de demain, nous devons anticiper les évolutions à venir, électrification, plateformes numériques, véhicules autonomes, sans attendre de les découvrir lorsqu’elles s’imposeront à nous.
Le taxi joue un rôle essentiel dans la mobilité de proximité et des plus fragiles, notamment en milieu rural, bien au-delà du transport conventionné. Face à l’accumulation des contraintes qui fragilisent les artisans indépendants, la FNTI appelle les pouvoirs publics à prendre en compte les réalités du terrain et à garantir la viabilité économique des entreprises de taxi.
Propos recueillis par HM










