Électrification des taxis : « Notre rôle est de transformer les économies d’énergie en financements concrets » – S. Bénisty, Compagnie des Économies d’Énergie (C2E)

Pour accompagner la transition énergétique des taxis, l’État a ouvert un dispositif d’aide à l’acquisition de véhicules électriques financé par les Certificats d’économies d’énergie (CEE). Mais entre critères d’éligibilité, délais de livraison et évolution de la réglementation, le parcours peut rapidement devenir complexe. Directeur de la Compagnie des Économies d’Énergie (C2E), Steeve Benisty explique comment son entreprise accompagne les chauffeurs de taxi pour sécuriser leur projet et maximiser les financements auxquels ils peuvent prétendre.

Steeve Bénisty, directeur la C2E. ©laC2E

Pouvez-vous nous présenter la Compagnie des Économies d’Énergie (C2E) et les dispositifs d’aides ?
La Compagnie des Économies d’Énergie (C2E), créée en 2019, est spécialisée dans le financement de l’efficacité énergétique et accompagne professionnels, collectivités et particuliers dans leurs projets de décarbonation. Présente partout en France, C2E s’appuie notamment sur le dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE), créé en 2005, pour transformer les économies d’énergie en financements concrets. Notre constat est que de nombreuses entreprises renoncent à investir, faute de financement ou de visibilité sur la rentabilité de leur projet. Notre rôle est donc de les accompagner pour identifier les aides auxquelles elles peuvent prétendre et sécuriser leur financement. La principale difficulté réside dans la complexité et l’évolution régulière des dispositifs. Les textes sont techniques, les critères peuvent changer et certaines situations nécessitent une interprétation au regard des réalités du terrain. C2E assure ainsi une veille réglementaire permanente et étudie chaque dossier individuellement afin d’en vérifier la conformité. Cette sécurisation est d’autant plus importante que les dossiers peuvent faire l’objet de contrôles par des organismes indépendants : le moindre justificatif non conforme peut entraîner un refus de financement. Nous vérifions donc chaque élément en amont, y compris, lorsque cela est nécessaire, directement auprès des concessionnaires.
Pouvez-vous aider les taxis à bénéficier de l’aide à l’électrification proposée par l’État ?
C’est tout l’intérêt de notre accompagnement. Le calendrier de cette aide est particulièrement contraint. Le dispositif est ouvert jusqu’à la fin de l’année 2026 et le véhicule devra être livré d’ici octobre 2027. Il ne suffit pas de choisir un véhicule ! Nous avons engagé des échanges avec de nombreux concessionnaires afin de connaître l’état réel des stocks. Avant de déposer une demande, nous vérifions que le projet est réalisable afin d’éviter un rejet de financement l’année d’après. Nous contrôlons notamment le lieu de fabrication du véhicule, celui de la batterie ainsi que les délais de fabrication et de livraison afin de conserver une marge de sécurité. Il faut également savoir que la liste des véhicules éligibles évolue régulièrement. Si l’ADEME met à jour la nomenclature des modèles répondant aux critères environnementaux, et certains constructeurs peuvent déplacer leurs sites de production pour rendre leurs véhicules éligibles. Nous analysons aussi les possibilités de cumul avec d’autres aides lorsque la réglementation l’autorise. Aujourd’hui, nous avons déjà identifié une centaine de cas de figure différents tant le dispositif est nouveau et complexe. Nous avons créé un simulateur dédié qui permet à nos clients d’identifier les bonifications auxquelles ils peuvent prétendre.
Quels conseils donneriez-vous à ceux qui pensent que l’électrique n’est pas pour eux ?
Refaites vos calculs ! Les technologies évoluent très vite et ce qui pouvait conduire à renoncer à l’électrique n’est plus forcément valables aujourd’hui. Les autonomies augmentent, les temps de recharge diminuent et les coûts d’utilisation évoluent. Le scénario a changé. Les chauffeurs doivent raisonner en fonction de leur kilométrage, de leur activité et des économies qu’ils peuvent réaliser. Les retours d’expérience sont également très parlants : le confort de conduite, la réduction des coûts d’exploitation. Mon conseil : ne restez pas sur une idée reçue ! Allez échanger avec des collègues qui roulent déjà en électrique. C’est souvent le meilleur moyen de se faire une opinion fondée sur l’expérience du terrain.

Propos recueillis par HM
Plus d’info – Accéder au simulateur

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