Entre transition énergétique, lutte contre les fraudes et revendications professionnelles, l’actualité du taxi reste dense cet été. Le lancement par la DGITM d’une consultation sur un futur dispositif d’aide à l’achat de taxis électriques, la mobilisation de la préfecture de police contre les « faux taxis », les demandes de la FNAT pour préserver l’équilibre économique de la profession et les enseignements du dernier rapport de l’Observatoire national des T3P illustrent les défis auxquels sont confrontés les chauffeurs de taxi. Électrification du parc, concurrence avec les plateformes VTC, évolution des coûts d’exploitation et attractivité du métier : autant de dossiers structurants qui pèseront sur l’actualité de la profession dans les mois à venir.
Véhicules électriques : un dispositif d’aide en préparation pour les taxis
La Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM) a lancé jusqu’au 2 août 2026 une consultation publique sur le futur dispositif d’aide à l’électrification des taxis dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE). Annoncée par le gouvernement le 21 mai dernier, cette mesure prévoit une bonification des aides accordées pour l’acquisition d’un taxi électrique neuf afin d’accompagner la profession particulièrement sensible à la hausse des coûts des carburants. Dans le projet de décret, les véhicules éligibles devront être affectés à l’activité taxi, respecter un score environnemental minimal, afficher un prix inférieur ou égal à 65 000 € et une masse inférieure à 2400 kg. Il prévoit des coefficients de majoration plus favorables lorsque le véhicule et sa batterie sont fabriqués en Europe, avec des dispositions spécifiques pour certains bénéficiaires en situation de précarité énergétique. L’entrée en vigueur est envisagée au 1er septembre prochain pour les achats engagés jusqu’au 31 décembre 2026. D’ores et déjà, la FNTI a fait part de plusieurs réserves, jugeant le plafond de 65 000 € et la limite de poids trop restrictifs pour l’offre actuelle de véhicules adaptés au taxi, et demande notamment une prolongation du dispositif jusqu’à fin 2027, le cumul avec d’autres aides, une simplification des démarches administratives ainsi qu’une prise en compte des véhicules hybrides dans la transition énergétique de la profession. Lire les dispositions de la consultation
La Préfecture de Police alerte et lutte contre les « faux » taxis
Face à la recrudescence des escroqueries aux « faux taxis », qui ciblent principalement les touristes étrangers et non francophones en leur facturant des courses à des montants parfois exorbitants, la préfecture de police de Paris et le parquet de Paris poursuivent leur mobilisation. Plusieurs enquêtes sont en cours afin de démanteler ces réseaux, dont l’une a déjà abouti. En parallèle, une campagne de prévention a été engagée avec la réalisation d’une vidéo de sensibilisation et la création d’un flyer bilingue (français/anglais) destiné à être largement diffusé auprès des visiteurs. Ce document rappelle les bons réflexes pour identifier un véritable taxi parisien et éviter les pratiques frauduleuses.
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La FNAT appelle le gouvernement à garantir l’avenir de la profession
À travers un communiqué publié à la mi-juillet, la FNAT interpelle le gouvernement et réclame des mesures « concrètes » pour garantir l’avenir de la profession. La fédération appelle notamment à un renforcement de la lutte contre la concurrence déloyale de certains opérateurs VTC, avec des contrôles accrus des algorithmes des plateformes et des sanctions dissuasives visant à la fois les conducteurs en infraction et leurs donneurs d’ordre. Elle demande également une revalorisation de l’indemnité kilométrique et de la rémunération de l’accompagnement des patients pour les taxis conventionnés, dont elle rappelle le rôle essentiel dans l’accès aux soins. Face à la hausse durable des coûts de l’énergie, la fédération plaide pour un dispositif de soutien adapté aux réalités économiques de la profession et insiste pour que la transition énergétique soit construite avec les acteurs du secteur, en tenant compte des contraintes liées à l’exercice du métier : véhicules adaptés, accès prioritaire aux infrastructures de recharge, temps de recharge compatibles avec l’activité et aides ciblées pour les artisans et les territoires ruraux. La FNAT réclame également la réactivation des instances de concertation nationales et départementales, une clarification des conditions d’accès à la profession afin de préserver la valeur de la qualification professionnelle, ainsi qu’une exonération des taxis de la future obligation de facturation électronique. En conclusion, la fédération rappelle que les artisans taxi « ne demandent ni faveur ni privilège », mais le respect des règles, la reconnaissance de leur mission de service et les moyens de poursuivre leur activité au service des Français sur l’ensemble du territoire.
63 000 taxis, 71 000 VTC : l’état des lieux du transport particulier de personnes
Le rapport 2026 de l’Observatoire national des transports publics particuliers de personnes (T3P), publié en juin, confirme les grandes tendances du secteur tout en mettant en lumière plusieurs évolutions marquantes. En 2024, la France comptait près de 63 000 taxis et 71 000 chauffeurs VTC actifs sur les plateformes. Les taxis demeurent particulièrement implantés en Île-de-France et dans les territoires ruraux, tandis que les VTC concentrent leur activité dans les grandes métropoles. L’étude souligne également un net ralentissement des vocations : en 2025, près de 36 000 candidats se sont inscrits aux examens de conducteur de taxi ou de VTC, soit une baisse de 33 % par rapport à 2024, après le pic enregistré dans la perspective des Jeux olympiques de Paris. Les candidats au taxi affichent toutefois un taux de réussite nettement supérieur à celui des VTC (73 % contre 45 %). Côté véhicules, les taxis de province restent majoritairement équipés de motorisations diesel, alors que les taxis parisiens et les VTC privilégient désormais les motorisations hybrides essence. Le rapport relève enfin une progression des véhicules à faibles émissions, dont la part atteint 12 % chez les taxis parisiens et 7 % en province, signe d’une transition énergétique qui se poursuit, même si elle avance à des rythmes différents selon les territoires. Lire le rapport
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