Dans un contexte économique tendu, non seulement par la baisse de l’activité due à une consommation des ménages en berne et la pénurie de touristes mais également par la hausse des charges d’exploitation, les taxis font face à une accumulation de défis qui risquent de modifier durablement l’équilibre de la profession. Face à la hausse persistante du prix des carburants, l’aide octroyée par le gouvernement s’avère notoirement insuffisante, presque une provocation. Dans le même temps, la décision du tribunal administratif de Paris, qui juge illégal l’arrêté municipal excluant les VTC de la circulation d’un des axes clef de la capitale, ainsi qu’une alliance nouvelle entre Uber et HysetCo attisent les tensions. Entre sentiment d’abandon, injustice économique et déséquilibre concurrentiel, les professionnels réclament des réponses concrètes, durables et équitables.
Crise des carburants
Réunies le 24 avril dernier au ministère des Transports, les fédérations de taxis sont sorties une nouvelle fois désabusées par les propositions du gouvernement pour soutenir la profession face à la crise des carburants. Une aide de 50 € pour 3 mois pourrait être versée au mois de juin uniquement aux artisans taxi exploitant en entreprise individuelle (EI) et 50 € seraient versés aux salariés des entreprises s’ils parcourent au moins 15 kilomètres par jour ou parcourent plus de 8000 kilomètres par an. Une aide ciblée pour les entreprises en difficulté, une autre pour l’électrification du secteur ainsi qu’une réflexion sur une anticipation de la récupération de la TICPE ont également été envisagées par les représentants du gouvernement. « Nous avons insisté de nouveau pour que soit prise en compte la question d’avoir une réponse structurelle visant les contours de solutions pérennes permettant de ne pas subir les soubresauts des crises systémiques internationales », a persévéré la FNDT dans son compte rendu. Alors que s’épuise la trésorerie des entreprises des taxis de France et que nombreuses sont celles qui rencontrent des difficultés économiques, la FNAT souligne dans un communiqué : « les modalités de mise en œuvre des procédures de sauvegarde demeurent inconnues. La publication du décret qui précisera les conditions d’application est toujours attendue. » La fédération invite les adhérents concernés à se rapprocher de ses services ainsi que des services fiscaux afin « d’obtenir un accompagnement adapté à leur situation ». Un sentiment de provocation et de profonde injustice envahit la profession.
Rue de Rivoli ouverte aux VTC
C’est une décision de justice qui pourrait créer un précédent quant à la sanctuarisation des voies réservées aux transports publics et aux taxis. Saisi le 23 avril dernier par des plateformes de VTC et des entreprises de « grande remise », le tribunal administratif de Paris a validé leur contestation de l’arrêté municipal de la Mairie de Paris interdisant l’accès des VTC aux rues de Rivoli et Saint-Antoine, jugeant « l’interdiction illégale ». Cet axe de 3,5 km constitue l’un des principaux axes est-ouest de la capitale. Jusqu’à présent réservé aux véhicules non motorisés, le couloir de bus longeant les pistes cyclables était uniquement accessible aux taxis, riverains, artisans, commerçants et véhicules de secours. La circulation des VTC ainsi que des véhicules particuliers était interdite. Considérant que cette interdiction « a pour effet de réserver l’activité de transport individuel sur réservation préalable aux seuls taxis » et « porte une atteinte disproportionnée à la liberté du commerce et de l’industrie ainsi qu’aux règles de concurrence », le tribunal a donné trois mois au maire de Paris pour revenir sur l’arrêté.
Partenariat HysetCo et Uber
La récente annonce du partenariat entre Uber et HysetCo a créé la surprise dans la communauté du taxi parisien. Après avoir ouvert la location de ses véhicules hydrogène aux professionnels du transport, aux entreprises et aux particuliers, le leader de la mobilité hydrogène en France permet désormais aux chauffeurs VTC d’accéder à sa solution technologique. Si de nombreux loueurs de véhicules s’adressent de longue date aux deux catégories de transporteurs publics particuliers de personnes (T3P), le partenariat exclusif négocié par HysetCo pour ses clients alimente les débats. Présent sur le segment taxi depuis octobre 2022, Uber continue son recrutement pour développer son offre. Avec ce partenariat, HysetCo entend permettre à ses clients taxis de faciliter leur activité. D’ores et déjà, la FNAT dénonce un rapport de force qui risque d’offrir « un avantage à court terme… mais une dépendance à long terme ». La Team Taxi, quant à elle, s’inquiète de cette initiative.
HM









