Comment choisir son taxi ?

Sur les bancs des centres de formation, de nombreux candidats à la profession avaient jusqu’à présent l’embarras du choix de véhicule mais le contexte actuel du secteur automobile a changé la donne. Entre la guerre en Ukraine et la pénurie de composants, les délais de livraison atteignent des records. La transition énergétique et la mise en place des ZFE limitent les alternatives. Quel véhicule choisir ? Dans quelle motorisation investir ? Georges Novac, spécialiste du rachat de véhicules taxi pour la société Autoccasion 78 et le site jevendmavoiture.fr, partage son expertise.

Georges Novac, dirigeant d’Autoccasion 78 et de jevendmavoiture.fr

Quel véhicule choisir ?
Le choix est plutôt réduit. Plusieurs constructeurs manquent de composants et de nombreuses options ne sont plus disponibles de série. Chacun achète ce qu’il peut pour ne pas perdre de temps et pouvoir travailler. Il faut aujourd’hui anticiper sa commande de véhicule. Spécialistes du rachat de véhicules taxis, nous avons dû faire évoluer nos pratiques en concluant aujourd’hui des accords pour prendre possession des véhicules à 9 mois car la majorité des constructeurs enregistre des délais d’attente de près d’un an et demi ! Le prix des véhicules neufs a également augmenté. Les constructeurs ont sorti de nouveaux modèles mais c’est plus pour protéger leur marge que pour innover. L’impératif de transition énergétique marque la fin du diesel et les modèles hybrides s’imposent auprès des taxis. Aujourd’hui, Lexus et Toyota en sont à leur 5e génération d’hybride pour certains modèles. Le savoir-faire et l’expérience de la marque japonaise sont gages de qualité. Il existe également quelques véhicules électriques opportuns pour l’activité taxi tels ceux développés par Hyundai ou Kia. En revanche, pour un débutant, je ne conseillerais pas d’investir dans une Tesla car trop onéreuse. Nous n’avons pas encore de visibilité sur la sortie de cette crise de l’approvisionnement. Certains espèrent que la situation sera rétablie l’année prochaine mais, il y a un an, on nous disait déjà la même chose.
Quelle motorisation préférer ?
Le choix va dépendre de l’activité du taxi. Pour ceux qui souhaitent développer une activité TPMR, le choix est encore entre le diesel et l’essence mais des dérogations sont annoncées pour faire face à l’indisponibilité de modèles aptes à satisfaire aux conditions de la transition énergétique. À l’achat, les taxis parisiens n’ont me semble-t-il pas d’autre choix que l’hybride. Dans les départements, certains taxis renouvellent encore par un diesel. Sur l’autoroute, les hybrides consomment beaucoup et de nombreux taxis font installer un boîtier éthanol afin de réduire le poste de dépenses carburant. L’autonomie des véhicules électriques est encore restreinte et la recharge demeure un problème à la fois en temps et en coût. L’hydrogène est une motorisation en pleine progression. Enfin les aides sont intéressantes et doivent être prises en compte dans le business plan du chauffeur.
Où l’acheter ?
Vous pouvez vous rendre chez votre concessionnaire habituel mais je conseille d’aller chez les spécialistes du taxi qui prennent en considération les problématiques spécifiques de la profession, notamment en termes de disponibilité des modèles. Contrairement aux idées reçues, les spécialistes auto du taxi ne sont pas plus chers que les concessionnaires locaux voire même parfois plus intéressants. Il ne faut pas hésiter à négocier avec sa banque et s’entourer de professionnels du taxi. Je conseille aux débutants de demander à leurs collègues déjà installés où ils ont acheté leurs véhicules. La location avec option d’achat est une bonne option ; quant à la location longue durée, le kilométrage fixé à l’avance reste un frein dans un métier qui dévore les kilomètres. Surtout, ne vous précipitez pas et essayez d’anticiper au maximum.
Vos conseils ?
Il convient avant tout de privilégier la fiabilité du modèle. Pour un taxi, le véhicule est son outil de travail. L’immobilisation pour cause de panne ou d’entretien est très préjudiciable à l’entreprise. Pour ne pas perdre de jours de travail, il faut privilégier les modèles sûrs. Argument supplémentaire pour recourir aux spécialistes de l’équipement taxi, la TVA. Selon le modèle choisi, le chef d’entreprise taxi devra reverser entre 6 000 et 10 000 € de TVA à l’achat de son véhicule. Il pourra bien sûr récupérer cette TVA, mais c’est souvent un coup dur pour la trésorerie d’autant que les financements bancaires sont calculés hors taxes. Les spécialistes du taxi ont généralement anticipé cette situation et proposent des solutions qui lissent cette avance de TVA. Un dernier conseil : faites-vous accompagner par un bon comptable afin d’être conseillé sur vos investissement et la stratégie de votre entreprise !
Propos recueillis par HM

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