Michel de la Teigne, Épisode #170

Vous croyez que je vais vous dire ce qui s’est passé après. Est-ce que j’ai sucé Pierre-Féline ? Et comment est sa bite ? Et comment s’est terminée la soirée ? Vous pensez que je vais vous le dire, vraiment ?

C’est vrai que j’écris beaucoup de choses personnelles ici, voire intimes. Je ne suis pas pudique, sinon, je ne dévoilerais pas ma vie amoureuse ‒ et ma vie non amoureuse ‒ sur internet. J’espère au moins le faire de façon plus élégante qu’un Prince de l’amour sur NRJ12…

Ce n’est pas la pudeur qui me retient. Je m’interroge plutôt sur l’intérêt de vous le dire, l’intérêt pour vous de savoir si j’ai eu une expérience homosexuelle, puisqu’il est convenu d’appeler ça comme ça. Je trouve d’ailleurs cette expression trop sérieuse, pour un simple contact entre deux personnes… On ne devrait pas en faire tout un drame. Comme souvent en matière de sexualité, on se monte le bourrichon avec de grands mots ‒ homosexualité, infidélité, virginité ‒ alors que tout devrait être… fluide. Dans un monde idéal, la sexualité serait libre. Libre, pas seulement de comportement, mais aussi de préjugés, d’idéalisation, de dramatisation, autant de jugements qui engendrent d’innombrables frustrations.

Est-ce que ça changerait quelque chose d’avoir posé mes lèvres sur le pénis de Pierre-Féline ? Est-ce que vous me verriez différemment ? Est-ce que vous vous diriez : « Pas lui ! Je ne le crois pas ! » Si vous répondiez oui à l’une de ces questions, je ne vous en voudrais pas. Je ferais simplement le constat que la sexualité n’est pas encore libre de préjugés et de honte. Nous gagnerions à ce qu’elle le soit.

Moi-même, je me suis longtemps interrogé sur la sexualité de grands génies, de William Shakespeare à Patrick Juvet, avant de me défaire de ces questions stériles qui ne changeraient rien à la beauté majestueuse de Macbeth et Où sont les femmes ?

La tolérance, ce n’est pas seulement accepter que les gens fassent ce qu’ils veulent. C’est déjà beaucoup, mais une tolérance supérieure est d’accepter d’être surpris, en pratique, par les comportements d’une personne que vous n’attendiez pas là. Ce peut être aussi accepter de ne pas savoir, parce que cela n’a pas d’importanc  : je dessinerai et j’écrirai toujours les mêmes billets et les mêmes bulles, quoi que j’aie fait de mon misérable corps.

La tolérance suprême, c’est peut-être même d’accepter d’être surpris par son propre corps, sans culpabilité et sans honte. Parce que vraiment, il n’y a pas de honte à se faire du bien. Cela n’a de conséquences que dans les esprits étroits.

Pour cette leçon, merci Féline.

Michel de la Teigne

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