Edito : Noël au volant

Par tradition Tony, taxi parisien, sera de service ce 24 décembre. Il ne compte plus les nuits de Noël qu’il a passées au volant de son van. « Je préfère cette nuit à celle du jour de l’an. Moins de fêtards alcoolisés, plutôt des familles avec enfants ou des jeunes qui vont rejoindre leurs parents. Traverser la capitale illuminée, c’est toujours féérique. Au petit matin, avant de rentrer à la maison, je passe chercher des croissants et je suis encore mieux accueilli que le Père Noël en personne ! » Tony ne sera pas seul à sillonner les rues cette nuit-là. Pour offrir un repas digne d’un chef sans mettre la main aux fourneaux, les publicités pour les services de livraison de repas invitent à sélectionner son festin et le faire livrer en quelques clics ! « Avec la crise Covid, on a constaté une explosion du commerce alimentaire en ligne. Concrètement des « dark stores » ont ouvert à la place d’unités commerciales qui sont devenues des petits entrepôts [l’appellation dark tient au fait que leur existence est cachée de l’extérieur]. La multiplication des livraisons liées à cette activité pose un certain nombre de problèmes : il y a des enjeux de pollution, d’encombrement de l’espace public, mais la question de la protection de ces livreurs se pose aussi », alertait David Belliard, adjoint à la maire de Paris, dans les colonnes du journal Libération.
Cherchant à protéger les travailleurs d’un nouvel esclavagisme numérique sans entraver l’innovation et la flexibilité des services de transport ou de livraison à la demande, la Commission européenne a communiqué le 9 décembre sa proposition de directive qui établit – enfin ! – une présomption de salariat entre les parties. L’influence de l’algorithme, le lien de subordination avec la plateforme, la possibilité de fixer librement ses tarifs ou encore celle de se constituer une clientèle personnelle détermineront si le travailleur doit être considéré comme salarié ou non. Les livreurs et chauffeurs ubérisés, quelle que soit leur plateforme, pourraient ainsi bénéficier d’une protection sociale, d’un salaire minimum, de congés payés et d’un temps de travail garanti dans de nombreux pays de l’Union européenne. La magie de Noël existerait-elle ?

Hélène Manceron

Plus d’info :
Libération, le 15/11/2021, Interview de David Belliard – Lire l’article
Commission européenne, Propositions relatives à l’amélioration des conditions de travail des travailleurs du numérique – Télécharger le communiqué

Photo de couverture ©DoYouSpeakTaxi

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