Vie à crédit

Ce 31 juillet à 23 h 59, Autolib, le service de véhicules électriques en autopartage du groupe Bolloré, a baissé le rideau dans la capitale. Les chiffres donnent le tournis. Malgré 7 ans d’existence, 150 000 abonnés et 103 communes mobilisées autour de la ville de Paris, le contrat entre les Autorités organisatrices de mobilité (AOM) et le groupe français Bolloré a pourtant été résilié. Près de 500 salariés travaillant directement ou indirectement pour le service seront licenciés, des milliers de conducteurs « sans véhicule fixe » restent le bec dans l’eau, la moitié des 4 000 véhicules sont assurés de finir à la casse et plusieurs millions d’euros de pertes reviendront à la charge des contribuables des communes composant le syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole… Pourtant les candidats se bousculent déjà au portillon pour relever le défi ! Après Mercedes et sa plate-forme Car2Go, BMW et ReachNow, c’est au tour de Renault et PSA de céder aux sirènes du transport à la demande. Selon son directeur général adjoint, Thierry Bolloré (oui, c’est bien le cousin de Vincent…), le constructeur au losange envisage à terme une flotte de 2 000 véhicules. Plus que de proposer une alternative à la voiture particulière, les constructeurs automobiles ne tenteraient-ils pas de profiter du désarroi des villes pour écouler leurs nouveaux modèles ? Si l’Autolib’ parisien est un fiasco financier pour les communes engagées, Bolloré s’est servi de la Ville Lumière afin de promouvoir et vendre sa batterie lithium-métal-polymère à Lyon, Bordeaux, Turin, Indianapolis et ailleurs. Alors que les véhicules particuliers sont chassés des centres urbains, les services de transport particulier de personnes se multiplient, contribuant chacun leur tour à augmenter le nombre d’automobiles sur la voie publique. 77,83 millions de voitures neuves auraient été vendues en 2017 à travers le monde, s’ajoutant aux 74,38 millions écoulées l’année précédente !
Ce mercredi 1er août, l’ONG Global Footprint Network a publié comme chaque année depuis 1970, le « jour du dépassement » des réserves naturelles de notre planète par la consommation humaine. C’est « la date à laquelle nous aurons utilisé plus d’arbres, d’eau, de sols fertiles et de poissons que ce que la Terre peut nous fournir en un an pour nous alimenter, nous loger et nous déplacer et émis plus de carbone que les océans et les forêts peuvent absorber », explique une représentante de l’association WWF, partenaire de l’ONG. « Il nous faudrait aujourd’hui l’équivalent de 1,7 Terre pour subvenir à nos besoins »… Un lourd héritage pour les enfants d’aujourd’hui !

Hélène Manceron

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