Taxis/VTC/Loti : dans les starting-blocks

Tandis qu’au Québec, pour la première fois de leur histoire, chauffeurs et représentants de l’industrie du taxi font front commun afin de dénoncer le projet municipal de collaboration avec les applications de transport type Uber, qu’à Londres, le maire vient de présenter son nouveau plan pour le cadrage du transport de personnes dans la capitale britannique, le secrétariat d’État français aux Transports poursuit la feuille de route qu’il s’est fixée. Avant le passage en octobre au Sénat de la proposition de loi relative à la régulation, à la responsabilisation et à la simplification du secteur, certaines mesures en passe d’être mises en œuvre ravivent les tensions.

Janvier 2016. Les taxis manifestent et demandent au gouvernement d’être indemnisés afin de compenser l’inapplication des lois en vigueur.

Janvier 2016. Les taxis manifestent et demandent au gouvernement d’être indemnisés afin de compenser l’inapplication des lois en vigueur.

Fonds de garantie
Devant les réticences soulevées par la mise en place d’un fonds de garantie pour les taxis lors des échanges du groupe de travail dédié, Alain Vidalies avait invité en juillet dernier les différents acteurs à transmettre leurs propositions par écrit. Ainsi, représentants des organisations de taxis, de VTC et des plates-formes avaient jusqu’au 15 septembre pour remettre leur copie au secrétaire d’État aux Transports. Dénonçant unanimement le préjudice économique subi par les taxis à cause de la concurrence déloyale et refusant de financer eux-mêmes le rachat de leur licence, la majorité des organisations professionnelles ont communiqué leurs contributions notamment la CSAT, la FNDT, la FNTI, la CGT, LTDT, l’UNIT et l’UNT. « Dans une démarche de transparence » soulignée par Alain Vidalies, ces contributions devraient être prochainement mises en ligne sur le site du ministère chargé des Transports.
Formation
Très attendus par les centres de formation et les candidats, les référentiels de formation pour les métiers des transports publics particuliers de personnes devraient être publiés d’ici la fin du mois. Pour l’heure, formateurs et organisations professionnelles potassent les propositions déjà émises par le groupe de travail prévu dans la feuille de route gouvernementale. Afin d’éviter toute tentative d’infléchir ces dispositions et accorder les délais nécessaires à leur mise en place, Alain Vidalies a exceptionnellement suspendu les examens VTC et taxis jusqu’à début novembre. En attendant que la proposition de loi Grandguillaume visant à confier « l’organisation de l’examen d’accès aux professions de taxis et VTC à l’Assemblée permanente des chambres des métiers et de l’artisanat » passe devant le Sénat, le nouveau dispositif affiche le souci de « garantir au secteur l’organisation d’examens fiables et sécurisés » de manière nationale en s’appuyant sur des structures ayant la capacité d’accueil des candidats de la filière. Une manière de calmer les ardeurs des plates-formes en mal de chair fraîche et prêtes à recruter coûte que coûte pour enrayer leur turn-over.
Europe
Sur le volet européen, le lobbying d’Uber reste quant à lui très actif et c’est avec impatience que la multinationale attend les retours des institutions communautaires sur les plaintes qu’elle a déposées. Après sa rencontre début septembre avec Nicolas Rousselet, président de l’UNIT, Union Nationale de l’Industrie du Taxi, la Commissaire européenne Violeta Bulc semble décidée à travailler en transparence. Affichant un goût prononcé pour l’économie numérique, elle souhaite prendre en compte les aspects sociaux et fiscaux de la filière. Espérons que son engagement permettra d’empêcher l’émergence de monopoles mondiaux qui, après avoir éliminé toute concurrence à coups de milliards, pourront saigner sans scrupule clients et chauffeurs.
HM
Plus d’info :
« Feuille de route pour l’avenir du secteur du transport public particulier de personnes » – Point étape du 07/07/2016