Transport de malades en souffrance

La politique de réduction du budget des transports de malades développée par l’Assurance maladie multiplie les réorganisations et les innovations. C’est au tour des patients dialysés et de leurs chauffeurs de tester la nouvelle carte de transport ! Une nouveauté qui ne devrait pas impacter les taxis qui restent surtout préoccupés par la suspension des conventionnements CPAM dans leur département. Interview d’Armelle Lamblin, membre de la commission des affaires sociales de la Fédération nationale des taxis indépendants.

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Que vous inspire la mise en place de la carte de transport pour les malades dialysés ?
Il s’agit d’une organisation du droit des patients au transport en cours d’expérimentation pour une période de 3 ans, qui cible en particulier les grands centres de dialyse. Désormais, pour ce type de patients, seul le spécialiste de la pathologie pourra initier ou modifier la prescription de transport. Nous ignorons pour l’heure si les transports pour d’autres soins itératifs seront concernés à l’avenir. Pour être franche, cela ne pénalise pas spécifiquement les taxis et favorise plutôt un respect des conditions de transport prescrites. Dans le Var, les contrôles ont relevé qu’en période estivale, des malades ont été transportés en ambulance à défaut de l’être par VSL ou taxi… ce qui ne révèle pas forcément une intention de surfacturation compte tenu de la circulation et de la difficile disponibilité des véhicules pendant cette période d’affluence touristique. C’est une piste intéressante, mais loin d’être déterminante pour que l’Assurance maladie puisse réaliser les 650 millions d’économies espérés !
Comme leurs collègues travaillant en agglomération, les taxis ruraux perdent patience. Pour quelle raison ?
Lors de notre rencontre en février dernier avec les représentants du ministère de la Santé, nous avons défini des modalités de conventionnement intégrant des critères objectifs et limitant les dérives spéculatives. Il ne manque plus que la rédaction du décret d’application abrogeant l’obligation de deux ans d’exploitation avant de pouvoir solliciter un conventionnement CPAM pour que les évolutions entreprises soient actives. Depuis, nous avons relancé à plusieurs reprises nos interlocuteurs, sans aucun succès. Ces nouvelles mesures ne concernent que les licences créées depuis le 1er octobre 2014 mais, dans la confusion actuelle, les CPAM ont préféré suspendre aveuglément tous les conventionnements !
Craignez-vous que d’autres transporteurs viennent concurrencer l’offre des taxis ?
Il a été évoqué d’ouvrir le transport de malades aux autres acteurs du transport, dont les VTC, mais le ministère de la Santé a confirmé que ce projet n’était pas d’actualité. En effet, pour optimiser la réduction budgétaire, l’ordre du jour est à la réduction de la demande et donc surtout pas à la multiplication de l’offre ! Nous ne nous battons pas contre les VTC mais pour une réglementation équitable. Pour participer au transport de malades, les taxis ont investi dans la télétransmission, des trousses de secours spécifiques et sont contraints par une convention très rigide. Sans compter le travail administratif complexe occasionné par chaque transport. Pourquoi le ministère de la Santé s’acharne-t-il à expérimenter sur le transport de patients au prétexte d’économies, alors qu’il devrait d’abord s’attaquer au fonctionnement des établissements de santé et notamment optimiser les sorties d’hospitalisation ?

HM

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