Taxi bashing

Le taxi bashing* n’aura-t-il jamais de fin ? Après deux années de polémique médiatique, on pourrait espérer que les informations de base sur le fonctionnement et les contraintes du transport individualisé de personne aient été comprises, en particulier par les journalistes… C’est donc avec une certaine déception que l’on constate hélas que la désinformation fait encore recette, comme en témoigne l’article paru le 11 octobre dernier dans Challenges, magazine d’informations économiques pourtant réputé fiable. « Pourquoi est-il quasi impossible de toucher aux taxis en France ? » titre l’auteur. En résumé, une histoire du taxi parisien façon saga politico-mafieuse où le travailleur indépendant, chauffeur et chef de son entreprise de proximité, est balayé avec mépris d’un revers de manche dans les dîners en ville du journaliste. Après avoir cassé du sucre sur le dos des chauffeurs en guise d’apéritif, le menu se poursuit par le dénigrement des acteurs traditionnels de la mise en relation taxi et l’impasse totale sur les innovations technologiques qui ont révolutionné le secteur en quelques années ! Entre la poire et le fromage, les éditeurs d’applications smartphone pour voitures avec chauffeur en profitent alors pour glisser avec candeur que « l’irruption et la croissance des VTC n’ont jamais nui aux taxis ». Un avis que ne partagent sûrement pas les taxis de San Francisco, ville laboratoire d’Uber et consorts… Parue en septembre dernier, une étude de l’Agence municipale de transport témoigne de la dégringolade de leurs chiffres d’affaires. De janvier 2012 à juillet 2014, les taxis du Golden Gate seraient en effet passés de 1400 courses mensuelles à seulement 500 courses, perdant dans la bataille près de 65 % de leur fréquentation ! Excusez du peu ! [lire la référence]  : http://bit.ly/1w27cLl. Pourquoi une chute aussi vertigineuse si, comme le répètent à tout vent tous ces pseudo-experts mais vrais donneurs de leçons, l’offre crée la demande ? Les citadins californiens auraient déjà dû tous abandonner leur voiture particulière ! Bien calé derrière son écran d’ordinateur, il est facile de jongler avec les mots et Airy Routier, le journaliste auteur de cet article semble coutumier du fait. C’est en tout cas ce que soulignaient en 2009 ses confrères de Rue 89 qui l’épinglaient sur ses scoops non confirmés comme ceux du SMS de Nicolas Sarkozy à son ex-femme ou du patrimoine du président congolais Denis Sassou-Nguesso…
Dommage que journalistes et éditorialistes ne se sentent pas tenus de participer au pacte de responsabilité et de solidarité.

Hélène Manceron

*dénigrement systématique

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