Sujet de crispation et de tension depuis de nombreuses années, la lutte contre la concurrence déloyale qui sévit à l’aéroport de Paris Charles-de-Gaulle devrait pouvoir passer à la vitesse supérieure. Avec la signature, le 13 mars dernier, de l’arrêté préfectoral n°2026-00286, les autorités entendent mettre un coup d’arrêt aux pratiques illégales. Est-ce bientôt la fin de l’âge d’or du racolage, des faux taxis et de la concurrence déloyale ?
Un cadre juridique renforcé et sans ambiguïté
Fruit de plusieurs mois de concertation avec les organisations professionnelles, cet arrêté marque une avancée majeure pour la profession. Il établit désormais des règles claires et opposables pour lutter efficacement contre les dérives observées sur les zones aéroportuaires. « Après plusieurs mois de négociation, réunions et implication des organisations représentatives, l’arrêté préfectoral n°2026-00286 est désormais en application sur CDG », se félicite la FTI75. Les articles 48, 71 et 75 structurent le dispositif réglementaire : interdiction totale de sollicitation des passagers ; interdiction de présence statique sans motif légitime et interdiction de toute activité commerciale non autorisée sur l’ensemble du site. Concrètement, toute tentative de démarchage – proposition de transport, distribution de prospectus ou installation d’un commerce informel – est désormais strictement interdite et sanctionnable 24h/24. Autre évolution notable : le simple fait de se maintenir de manière prolongée dans les zones de passage des passagers peut être sanctionné, sans qu’il soit nécessaire de prouver un acte de racolage. Les zones sensibles – portes d’arrivée, couloirs de sortie, issues de débarquement – ont été précisément identifiées, permettant ainsi des contrôles plus ciblés. Les contrevenants s’exposent désormais à un éventail de sanctions pénales et administratives prévues par plusieurs codes (pénal, route, sécurité intérieure, transports). « Les considérants de l’arrêté documentent précisément les troubles constatés – interventions policières répétées, présence quotidienne de groupes aux portes identifiées – ce qui le rend solide à tout recours contentieux », souligne la Team Taxi.
Un dispositif de surveillance inédit
Au-delà du cadre légal, un dispositif opérationnel a été mis en place par ADP pour garantir l’application effective de ce nouveau cadre. Parmi les mesures déployées : la formation renforcée des agents de sécurité en aérogare et en extérieur, la mise en service d’un Centre de Supervision Vidéo Aéroportuaire (CSVA), actif 7 jours sur 7 de 6 h à 22 h et une coordination renforcée entre surveillance vidéo et forces de police. Ce système permet désormais une détection en temps réel des comportements suspects sur les points les plus exposés, avec une intervention rapide des forces de l’ordre. Les organisations professionnelles appellent les chauffeurs à contribuer activement à l’efficacité du dispositif. En cas de racolage persistant, la Team Taxi recommande :
▶De signaler immédiatement la situation aux agents de sécurité ou à la PAF
▶De préciser le numéro de porte et la zone concernée
▶De transmettre un compte rendu détaillé (date, heure, localisation) à Team Taxi
▶De conserver une copie de l’arrêté dans le véhicule comme référence
Si ces mesures constituent une avancée concrète, leur efficacité dépendra de leur application dans la durée. Un suivi est d’ores et déjà engagé entre les représentants des taxis, Aéroports de Paris et la préfecture. « Le respect de ce cadre est essentiel pour garantir l’équité, la sécurité et la crédibilité de la profession. Le cadre est en place. Son application est désormais indispensable », résume la FTI75.
HM
Plus d’infos :
- Recueil des actes administratifs spécial n° 75-2026-157
(p. 65-66, p. 74 et p. 76) – Consulter le recueil








