Taxis : Tensions tarifaires et choc pétrolier

Alors que les routiers organisent des opérations escargot malgré les mesures annoncées par le gouvernement, les fédérations de taxis intensifient leurs démarches auprès des pouvoirs publics afin de réduire l’impact de la brutale flambée du prix des carburants sur la profession. Conformément à la convention pour les transports conventionnés par l’Assurance maladie, la première réunion, tant attendue, visant à évaluer les conséquences de la nouvelle grille tarifaire s’est déroulée entre les représentants de la profession et l’Uncam, laissant sans surprise les taxis sur leur faim.

L’Uncam dans le déni
Le 23 mars, le directeur de l’Uncam et ses services ont reçu les 5 fédérations de taxi (FNAT, FNDT, FNTI, UNIT et UNT) pour le premier comité de suivi de la convention pour le transport conventionné de malades entrée en vigueur le 1er novembre dernier. Si les taxis, dont la quasi-totalité ont renouvelé leur convention, nourrissaient quelques espoirs dans la clause de revoyure des dispositions compte tenu de l’impact de la nouvelle grille tarifaire sur l’économie de leurs entreprises, l’institution semble avoir fait la sourde oreille. « Nous ne nous attendions pas à une révolution mais il ne nous a été présenté que de maigres ajustements possibles qui seront discutés en groupe de travail », regrette Magaly Bazire, présidente de la FNTI. Elle dénonce également les écarts importants entre les données avancées par l’Uncam et celles collectées sur le terrain par les fédérations. De son côté, la FNDT pointe dans son compte rendu « certains éléments manquants ou devant être complétés en vue d’établir une réelle cartographie de la situation économique de nos entreprises » et souligne l’urgence de la revalorisation à 25 € du forfait minimum de prise en charge actuellement fixé à 13 €.
Géolocalisation et SEFI
Annoncée pour être effective le 1er janvier 2027, la mise en place de la plateforme de géolocalisation pour l’affectation des transports conventionnés affiche déjà du retard. L’Assurance maladie n’estimant pas que le dispositif le.taxi soit pertinent pour satisfaire aux exigences de la certification, la solution d’un boîtier additionnel comme en sont équipés les ambulances a été retenu par l’institution. Quant au système SEFI que les taxis ne peuvent plus utiliser depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle convention, l’Uncam annonce un retour à la normale en octobre 2026 ! « La charrue a été mise avant les bœufs », déplore Magaly Bazire, évoquant un manque d’outils opérationnels afin d’optimiser les prises en charge.
Zonage et forfait « Grande ville »
« La fédération a fait part de ses réserves quant aux dispositifs mis en place localement. Elle soulève les points clivants locaux et les dérives et incohérences dues aux interprétations des textes. Certains découpages laissent apparaître des carences pour les assurés. Il est urgent que la caisse nationale réagisse afin que les caisses départementales mettent en place un système équilibré », souligne la FNDT. À partir de ce 1er avril, 9 établissements (consulter la liste) éligibles au forfait « Grande ville » seront ajoutés mais il faudra attendre leur intégration dans les logiciels de facturation pour qu’ils puissent être pris en compte.
Un calendrier à rallonge
Précisant aux représentants des fédérations qu’il lui fallait au moins huit mois de retours chiffrés pour envisager d’éventuelles modifications de la convention, l’Uncam a présenté un calendrier de réunion. Des groupes de travail sur la charte nationale ayant pour objet de s’assurer que les taxis conventionnés prennent en charge majoritairement (+ de 50 %) des patients de leur territoire sous peine de sanction, sur les suppléments exceptionnels, sur les transports partagés ainsi que sur la mise en place de la géolocalisation des taxis conventionnés seront organisés jusqu’à l’automne. Un comité de suivi a été programmé à la mi-mai et un autre en octobre prochain.
Crise du prix des carburants
Déjà fragilisés par les tarifs imposés par l’Assurance maladie, les taxis subissent de plein fouet la flambée des prix des carburants qui sévit depuis le début du mois de mars. Face à cette situation, les fédérations se sont mobilisées dès les premiers signes de crise, sollicitant le ministère des Transports et participant à plusieurs réunions dont avec l’ensemble des acteurs du transport. Leurs propositions ont certes été entendues, mais le gouvernement a rapidement posé ses limites : seules les mesures sans impact budgétaire seront examinées. Alors que le débat sur l’augmentation des tarifs préfectoraux apparaît comme une fausse bonne idée par la profession car il pénaliserait les particuliers sans concerner les contrats de transport en cours ni la frugalité des tarifs des transports conventionnés par l’Assurance maladie, la suppression de l’écotaxe sur le prix au litre des carburants et la fixation d’un prix plafond pendant la durée de la crise font partie des revendications. Une nouvelle réunion d’urgence doit être organisée ce jeudi 2 avril et une mobilisation de la profession avec les autres corporations impactées est à l’étude.

HM

Feuilleter l’édition n°319 de 100% NEWS TAXIS

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.