Mobilisés depuis de nombreuses semaines, les agriculteurs de France multiplient leurs actions. Ils dénoncent des lois et des règles iniques qui s’appliquent sur leur activité alors que les denrées importées en sont exonérées. Contre la concurrence déloyale et réclamant de pouvoir vivre de leur travail, leurs revendications ont trouvé écho auprès des taxis.
Solidarité de terrain
« Les agriculteurs sont le premier maillon du pays. Je suis représentant d’une organisation professionnelle de taxis mais même en tant que simple citoyen, je me serai mobilisé afin que l’on puisse conserver notre souveraineté alimentaire. Avec les produits qu’ils veulent importer, les problèmes de santé vont s’accentuer dans un système de santé qui s’écroule. Ce n’est pas compatible ! » explique Fabien Diaz, président des taxis du Gers. « Mardi dernier, nous nous sommes organisés pour les accompagner à Toulouse. Nous n’étions pas en nombre mais il y avait des taxis du Gers, de Montauban, de l’Ariège et des Toulousains et nous avons ouvert le cortège. Un hélicoptère et un drone nous surveillaient, les gendarmes nous attendaient. À un moment donné, nos taxis les ont bloqués permettant ainsi aux tracteurs de bifurquer et de changer de parcours. Lorsque nous nous sommes mis en place en tête de convoi, des agriculteurs ont applaudi notre passage. Nous avons vécu des moments forts qui font chaud au cœur. Notre pays a besoin d’union, le gouvernement n’écoute plus rien. Avec tout le ramdam que font les agriculteurs – dont les taxis n’ont pas la capacité –, ils n’obtiennent déjà pas grand-chose. L’ubérisation de notre société sabote l’artisanat et toutes les petites entreprises au profit des multinationales. Il faut se réveiller, arrêter de voir à court terme. Pour l’instant, nous restons mobilisés en local et travaillons à mener des actions communes avec les agriculteurs mais nous allons également appeler d’autres métiers à nous rejoindre car il vaut mieux mourir en se battant que se laisser crever sans rien faire. »
Appels à la convergence des luttes
« À l’instar de nos agriculteurs qui luttent pour vivre dignement de leur production face à une concurrence déloyale et à des contraintes administratives étouffantes, les artisans taxis subissent une précarisation organisée. Nous affirmons aujourd’hui notre solidarité avec le monde agricole. Nos deux professions sont des piliers de la vie des territoires. Comme eux, nous refusons d’être sacrifiés sur l’autel de la rentabilité technocratique et des plateformes dématérialisées », ont déclaré dans un communiqué du 6 janvier les associations Élite Taxi France, Team Taxi et Force Taxi 69. Elles demandent « l’organisation, dans les plus brefs délais, d’une réception ministérielle réunissant l’ensemble des ministères concernés, en présence du Premier ministre » afin de mettre fin à la maraude électronique par la sanctuarisation des gares et des aéroports par des « zones blanches », « protéger le transport assis professionnalisé » par la réaffirmation du « libre choix du patient », l’exclusivité des transports sanitaires assis aux taxis et aux VTC, la « fin du zonage territorial » et « la transparence sur la clause de revoyure de mars 2026 ». Du côté des fédérations de taxis, la FNDT a lancé ce 8 janvier un « appel à la solidarité nationale » pour soutenir les agriculteurs. « Agriculteurs et taxis partagent une même réalité : celle de professions essentielles, enracinées dans les territoires, qui travaillent dur pour faire vivre leurs familles et faire fonctionner le pays. La Fédération Nationale du Taxi affirme clairement que la solidarité entre les professions n’est pas une option, mais une nécessité. Divisés, nous subissons. Unis, nous pesons. »
HM









