Si le nombre de femmes chauffeurs de taxi est encore minoritaire dans la profession, la féminisation est en marche. Souvent plus discrètes que leurs collègues masculins, en ville comme en campagne, elles sont à la tête de nombreuses licences et d’entreprises. Saisissant l’opportunité d’émancipation professionnelle du métier, nombreuses sont celles qui témoignent de la réussite de leur parcours. Nous avons eu le plaisir d’interviewer Stéphanie de Cuges-les-Pins en PACA et Nadège, taxi parisien.
Un métier pour redémarrer
Stéphanie aura 14 ans de taxi au mois de juin prochain. Au volant de sa BMW X3, son sourire est aussi lumineux que le soleil de Méditerranée. « Après un BTS d’action commerciale, je débute ma carrière professionnelle dans une banque. Au bout de 7 ans, je ne supportais plus l’ambiance de bureau. Enceinte de mon deuxième enfant, je mets à profit mon congé maternité pour trouver une autre solution. Mon ex-mari était ambulancier. Lorsqu’il a suggéré que je devienne taxi, je me suis dit pourquoi pas ? » Sa carte professionnelle en poche, elle contacte une institution pour enfants malades qui recherchait des transporteurs. « J’ai transformé mon congé parental en congé sabbatique pour tester le métier. C’était le top pour commencer ma carrière ! » Taxi parisien depuis 27 ans, Nadège est épanouie et pourtant, elle en a traversé des hauts et des bas. « Mon permis est mon seul diplôme et j’y tiens ! Mère de 5 enfants, je suis devenue maman très jeune. Femme au foyer, le taxi m’a permis de m’émanciper. » « Je suis née dans une famille de taxis de banlieue », poursuit-elle. « Mon grand-père, mon père, mon oncle, ma mère étaient taxis ainsi que mon ex-mari que j’ai aidé durant sa formation. Après notre séparation, je suis retombée sur ses cours et je me suis rendu compte que je me souvenais de beaucoup de choses. » Nadège obtient son CDC en 1998. « C’est le métier qui convient à mon caractère, à mon besoin d’indépendance. »
Cheffes d’entreprise
Après ses débuts, Stéphanie acquiert la licence d’une collègue à Cuges-les-Pins. « J’accompagne des patients en rééducation ou en soins. Aujourd’hui, je sais pourquoi je me lève le matin alors que quand tu es dans la banque, la question est de savoir combien tu as vendu d’assurances vie dans ta journée. » « Maintenant que j’ai constitué ma clientèle, je n’ai plus la pression du patron mais il faut compter 10 à 12 heures par jour dans la voiture auquel s’ajoute le travail administratif. Tu n’as pas un salaire exorbitant à la fin du mois mais tu as ta voiture, ton assurance, ta mutuelle, etc. L’expérience fait que tu gagnes du temps en devenant efficace. » De son côté, Nadège avoue que « 2024 a été une année difficile à cause des JO. On nous avait promis des clients. Résultat, nous n’avons eu ni chiffre d’affaires, ni vacances. » Elle ajoute néanmoins : « J’ai choisi d’être taxi parisien car je trouve que l’on est plus libre car on a besoin ni de constituer une clientèle ni d’en subir les exigences. Je préfère travailler la nuit, c’est une autre ambiance. Les clients sont moins stressés, il y a moins de pollution. Au bout de 8 ans, j’ai fini par m’affilier à un central radio pour dégager du temps pour mes enfants, d’abord aux Taxis Bleus et maintenant chez Alpha Taxis. J’apprécie la dimension humaine d’Alpha Taxis, la considération dont les équipes témoignent tant aux clients qu’aux chauffeurs. Ce sont de vraies personnes et non un serveur vocal qui prennent en considération gratuitement les clients que je vais prendre en charge. L’affiliation permet d’enchaîner les courses, d’être plus efficace, de gagner du temps. »
Conseils de pro
Pour devenir taxi, « il faut aimer conduire et anticiper la circulation », explique Nadège. « Faire confiance à son instinct et savoir prendre le dessus dans les situations délicates. Il faut garder son sang-froid en toutes situations. Ne pas oublier de prendre soin de soi et de sa santé car nous sommes des cheffes d’entreprise qui doivent d’abord compter sur elles-mêmes », complète-t-elle. « Je conseillerais aux femmes qui s’intéressent au métier de taxi de le devenir si elles en ont marre de faire ce qu’elles font », partage Stéphanie. « Mais attention », prévient-elle, « il ne faut pas compter ses heures. Tu gagnes bien ta vie si tu bosses. Finies les pauses déjeuner et les 5 semaines de vacances qu’offre le salariat. C’est le prix de la liberté. » Une qu’elle aura réussi à convaincre, c’est sa fille, 23 ans, qui vient de passer son permis taxi !
Propos recueillis par HM
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