« Nous avons besoin des taxis ! » – David Belliard, adjoint aux transports, Mairie de Paris

Démotorisation de la capitale, transformation du périphérique, héritage des voies olympiques, accès aux gares, écologie des stations… Nombreux sont les projets municipaux qui impactent le transport public particulier de personnes. Se gardant bien de confondre les taxis avec de simples voitures, David Belliard, adjoint à la maire de Paris en charge de la transformation de l’espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie, répond à nos questions.

David Belliard, adjoint aux transports, Mairie de Paris ©E.Pothier

Comment intégrez-vous les taxis dans le développement de l’accessibilité de la capitale ?
Pour nous, les taxis sont un service public qui font un usage vertueux de l’automobile et nous souhaitons garantir un bon fonctionnement de leur service. Nous avons d’ores et déjà garanti leur exclusivité dans l’utilisation des voies de bus. Dans les zones d’accès limité, nous leur maintenons un accès facilité. Avec le comité taxi auquel les organisations professionnelles du taxi parisien participent, nous avons instauré un dialogue constructif. Nous ne sommes pas toujours d’accord mais les échanges sont de qualité. Les questions sont posées sans tabou ni contraintes afin d’y trouver une solution. La démotorisation de la ville est un objectif. Déjà le nombre de voitures à Paris a diminué, ce qui ouvre des perspectives au développement de l’activité des taxis.
Quels sont les impacts de l’abaissement de la vitesse de circulation sur périphérique pour les taxis ?
La transformation du périphérique s’impose aujourd’hui car il est devenu une autoroute qui reçoit 12 millions de trajets à l’intérieur de la ville. D’abord, cette mesure permet une augmentation de la sécurité pour ceux qui utilisent le périphérique. En 2014, l’abaissement de la vitesse de 10 km/h a eu pour effet la réduction de 19 % du nombre d’accidents corporels et d’un quart des accidents pour les deux roues. Autre conséquence positive, l’abaissement de la vitesse de circulation à 50 km/h améliore la fluidité de circulation en réduisant l’effet accordéon, sans ralentir le temps de trajet dans la journée car jusqu’à présent la vitesse de circulation moyenne se situe entre 37 et 40 km/h. Enfin, la nuit, l’abaissement de la vitesse de circulation apporte une baisse massive des nuisances sonores, de 2 à 3 décibels. L’effet positif sera ressenti par le demi-million de personnes qui habitent à proximité.
Les voies olympiques seront-elles pérennisées ?
20 millions d’euros ont été investis pour la mise en place de ces voies. Nous souhaitons maintenir cette disposition tant pour favoriser les passagers des taxis que pour l’amélioration du confort de service des chauffeurs. Nous prévoyons également d’en permettre l’accès au covoiturage. 8 personnes sur 10 qui empruntent le périphérique sont seules dans le véhicule. La mutualisation des véhicules enlèverait 100 000 trajets et participerait à une fluidification générale du trafic notamment aux heures de pointe. Pour les taxis, il n’y aura pas de changement en termes d’usage. Sur le sujet, nous ne pouvons pas agir seuls. L’engagement de la Préfecture de Police est déterminant. Les discussions ont été engagées et nous avons sollicité le ministre des Transports pour sa réalisation, annoncée début 2025.
Qu’en est-il des stations et des accès aux gares ?
Nous avons conscience que les stations sont un élément clef pour les taxis et maintenons notre objectif de création de 100 places supplémentaires pendant la mandature. Aux gares, nous ne sommes pas les seuls intervenants. Avec Gares & Connexions, nous travaillons sur plusieurs projets. À la gare du Nord, contrairement aux plans initiaux et à la demande des taxis, la prise en charge des voyageurs a été maintenue en surface. Toutefois la dépose, qui doit être réalisée en sous-sol, se fait souvent de façon anarchique en surface. Gares & Connexions a déjà tiré la sonnette d’alarme et si la régulation ne se fait pas, nous serons dans l’obligation de modifier le plan de circulation. Nous avons besoin des taxis, en contact direct avec leurs clients, pour que ces derniers respectent les règles car ce sont les chauffeurs qui risquent de subir la réponse coercitive. Notre objectif est de rendre la ville toujours plus accessible et plus inclusive.
Propos recueillis par HM

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